De la crise politico-sécuritaire, aux attaques terroristes en passant par le conflit intercommunautaire dans le centre du pays, la situation sécuritaire dans notre pays a connu tous les noms. Désormais, rien n'est plus impossible au Mali en ce qui concerne la violence. Ces dernières semaines, les groupes armés djihadistes ont suffisamment réussi à mettre à exécution leurs menaces de fermeture décoles, à travers le pillage des établissements scolaires dans plusieurs localités au nord du Mali et avec une prise dotages au centre. Un nouveau mode opératoire qui vise à forcer la fermeture dautres écoles.

Cette nouvelle vague d'attaques terroristes est partie du dimanche 6 octobre 2019 où des présumés djihadistes ont rendu une visite nocturne d'abord à la mosquée de l'Arabébé dans le cercle de Niafunké vers 19 heures. Après la cinquième prière du jour aux environs de 19 heures 30 minutes, le groupe, composé d'une vingtaine d'hommes armées, a organisé une séance de prêche dans laquelle il a ouvertement interdit toute autre forme d'éducation aux enfants des musulmans en dehors de l'enseignement coranique.

À la fin de la prêche, ces présumés djihadistes se sont alors dirigés vers l'école du village pour poser leur premier acte. Arrivés, ils ont fait sortir tous les matériels didactiques (cahiers, livres, armoires et autres) dans la cour de l’établissement et les ont réduits en cendre. Un comportement qui a semé la panique chez les habitants toute la journée. Selon nos sources, la même nuit, d'autres écoles des villages voisins ont connu le même sort. C'est le cas, notamment de l'école de Yourmi et celle de Tafaraka dans le cercle de Goundam. Ces actes se sont poursuivis à Tindirma dans la commune de Diré, le lundi 28 octobre 2019. Là aussi, les bandits ont pillé l'école et brûlé tous les matériels scolaires. Ensuite, ce fut le tour de l'école de Mékoré, cercle de Goundam qui a malheureusement connu le même sort.

Après leurs forfaits, les présumés djihadistes ont proféré des menaces à l’endroit des responsables de toutes les écoles, leur demandant de fermer les portes de leurs établissements. La preuve, l'école fondamentale de Fataka, CAP de Goundam, dont l'ouverture était prévue pour cette année est toujours restée fermée. Aucun responsable scolaire encore moins élève n’a osé s’y aventurer.

Les identités des groupes armés bien connues !

Pour les habitants, qui restent tout de même expressément prudents dans leurs témoignages, cette nouvelle forme de djihadisme est menée par des groupes armés dont les identités sont bien connues par les populations des localités concernées. Déboussolé, un enseignant que nous avons joint par téléphone  nous témoigne le calcaire, sous anonymat: « Nous sommes terrifiés par ce qui se passe mais nous assistons impuissamment à ces actes barbares. Ce sont des choses que nous redoutions il y a longtemps, mais qui ont fini par arriver et nous nous demandons aujourd'hui où et quand cette situation va s'arrêter. Imaginez l'année dernière, les cours ont été  arrêtés pour des raisons de grève des enseignants et cette année, c'est le problème d'insécurité qui revient. C'est très compliqué et très déplorable. Ce qui est pire, cest qu'aucune disposition nest prise à cet effet. »

De même, les écoles sont toujours fermées dans les Communes de Sareyamou, Bingha, Haibongo et Tindirma dans le cercle de Diré. Selon des sources locales, ces fermetures font suite aux menaces proférées par des présumés djihadistes. Face à cette situation très préoccupante, les parents d'élèves demandent à l'Etat et à ses partenaires de trouver une solution de manière rapide afin de permettre à leurs enfants de reprendre le chemin de l’école. Malheureusement dans lesdites localités, la plus part des écoles ont été saccagées ou incendiées par les mêmes présumés djihadistes.

Il faut tout de même rappeler que le 25 octobre 2019, des assaillants ont également brûlé des matériels scolaires des écoles dans la commune de Korientzé, cercle de Mopti. Ils ont aussi enlevé six enseignants avant de les relâcher soixante douze heures après, soit le 28 octobre 2019. L’on ignore pour l’instant le compromis trouvé entre l’Etat et ces bandits armés aboutissant à la libération de ces enseignants saints et saufs. D’autant plus que l’on sait que ces présumés djihadistes ont juré d’interdire par tous les moyens l’enseignement occidental dans toutes les zones où ils opèrent.  

Amadou Basso

Source: Ziré