Alors que la rentrée scolaire 2019-2020 est officiellement lancée hier, 1er octobre 2019, sur toute l'étendue du territoire national, certaines zones restent toujours privées de ce droit fondamental. C'est le cas de la commune rurale de Dioungani dans le cercle de Koro, région de Mopti. Cette commune entame ainsi la quatrième année consécutive sans quune salle de classe nouvre ses portes.

Considéré comme l'un des épicentres de l’insécurité au centre du pays, la commune rurale de Dioungani reste toujours sans école. Ainsi, au-delà de l’absence des services sociaux de base, la commune de Dioungani se trouve aussi privée de l’école, l’un des droits fondamentaux pour tous les enfants. En tout, cette commune dispose de six écoles fondamentales dont trois seconds cycles. Mais, l’ensemble de ces établissements scolaires se trouve toujours fermé il y a plus de trois ans, à cause de l’insécurité qui sévit dans les localités concernées.

Une situation qui crée désormais un sentiment de désespoir chez les parents qui voient un avenir très incertain pour les enfants. Joint par téléphone le 28 septembre 2019, Amadou Guindo, membre du comité de gestion scolaire du village de Douna-pen dans la commune rurale de Dioungani, a fait état de tout le désarroi des parents : « Je ne sais pas si c'est encore la priorité pour nous, mais je sais à quel point l'école est importante pour nous et pour nos enfants. Mais, la situation a tellement duré que les gens ont tendance à la mettre de côté. C'est seulement pendant ces périodes de la rentrée scolaire que les gens en parlent. Ça fait combien d'années qu'on na pas de foire hebdomadaire ? Les centres de santé ne fonctionnent plus, même la libre circulation des personnes nest plus garantie. Donc, c'est très délicat et nous on sait très bien que malgré tout ce qu'on va dire, la rentrée scolaire dans cette zone ne sera pas encore effective cette année. Parce qu'aucun enseignant ne va risquer sa vie pour aller dans cette zone toujours instable », a-t-il dit.

De même dans certaines communes voisines, la rentrée n'est pas encore effective. Sur les seize communes du cercle de Koro, seulement  une école sur trois ou quatre pourrait certainement ouvrir ses portes cette année. Dans les cercles de Bandiagara, Bankass et Douentza, l’on doute également de l’effectivité de la rentrée scolaire à la bonne date, au sein de tous les établissements scolaires. Avec une telle situation, l'État est plus que jamais interpellé afin de trouver une solution à court ou moyen terme pour que les enfants de ces zones frappées par l'insécurité  puissent reprendre le chemin de l'école cette année.

Amadou Basso

Source: Ziré