Depuis le samedi 31 août, les résultats du baccalauréat malien 2019 sont connus. Nous savons désormais que seulement 25,12% des candidats ont obtenu le fameux laurier ! Après une année chaotique qui, par moments, a donné des sueurs froides. Aujourd'hui donc, le spectre de l'année blanche n'est qu'un lointain cauchemar que nous allons vite oublier. Mais pour autant, l'école malienne est-elle sauvée ? Je dirais non, loin de là ! Parce qu'on continue de déplacer les problèmes. J'ai lu avec beaucoup d'intérêt de nombreux commentaires à la suite des résultats du baccalauréat de cette année. Plusieurs confrères sont très amers et tirent à boulets rouges, qui sur les gouvernants qui refusent de prendre le taureau par les cornes pour en finir une fois pour toutes avec le pilotage à vue d'une école à la vision floue, qui sur les écoles privées dont plusieurs fonctionnent comme des boutiques de commerce général, au vu et au su d'un Etat qui peine à asseoir son autorité sur un secteur aussi vital. J'écoute aussi, très souvent, des parents d'élèves désabusés qui fustigent les maîtres et les professeurs qui, selon eux, dissolvent leur aura dans des attitudes de copinage avec les élèves qui finalement ne les respectent plus. Quant aux enseignants, ils maudissent les parents d'élèves qui non seulement ne s'intéressent plus à la vie scolaire de leurs progénitures, mais aussi ne se donnent plus aucune peine pour les éduquer convenablement.

Mais une seule vérité est implacable et incontournable : l'école malienne est sérieusement malade et son état nécessite absolument une profonde chirurgie. Les taux de réussite au baccalauréat en dents de scie ces dix dernières années sont assez parlants et je voudrais les partager avec vous afin que chacun y réfléchisse et pense à une solution. 2009 : 34,89% ; 2010 : 29,18% ; 2011 : 31,46% ; 2012 : 12,36% ; 2013 : 13,02% ; 2014 : 16,24% ; 2015 : 17,99% ; 2016 : 24,28% ; 2017 : 32,64% ; 2018 : 28,57%. Espérons que la chute amorcée en 2018 ne nous conduira pas au taux humiliant de 2012 ! Mais pour que notre espoir se réalise, nous devons, chacun à son niveau, contribuer à redorer le blason de l'école malienne, en exigeant la fin de la fraude et de tous les autres vices, pour que, après le bac, la fac se remplisse, à nouveau, d'esprits vraiment lumineux ! A bon entendeur...

MINGA S. Siddick

Source: Ziré