Malgré la crise sécuritaire qui a fortement entamé tous les secteurs d’activités, le Mali continue d’exister grâce essentiellement à sa culture très résiliente, selon plusieurs observateurs. Conscient de cet état de fait, le département de la Culture n’a cessé de multiplier les efforts pour préserver le patrimoine culturel matériel et immatériel qui avait fait l’objet d’attaque et de destruction par le narco-djihadistes.

La preuve de cette résilience est la tenue de nombreux événements culturels, notamment les festivals, malgré l’insécurité. Grâce à la mise en œuvre de la politique culturelle nationale volontariste, le Mali compte de nos jours de nombreux acquis dans un secteur qui reste indéniablement l’un des derniers remparts contre l’obscurantisme religieux.

Depuis la dispersion des djihadistes qui ont contrôlé une bonne partie du Mali en 2012, le ministère de la Culture, conformément à la vision des plus hautes autorités, a fait de la mise en œuvre de la politique culturelle nationale son bréviaire. Toute chose qui a permis au Mali de continuer de rayonner, à travers le monde, et cela grâce au talent de ses artistes et son riche patrimoine culturel magnifié lors de différents festivals. En effet, la crise multidimensionnelle de 2012 a eu des conséquences sans précédentes sur tous les secteurs d’activités du Mali, notamment l’industrie culturelle. Aussi, les jihadistes se sont attaqués à plusieurs patrimoines matériels, dont des mausolées et manuscrits anciens. Grâce à la vision et à la coopération intelligente entre le ministère de la Culture et des organisations, internationales, notamment l’UNESCO et les partenaires au développement, l’expérience malienne en matière de gestion du patrimoine culturel est désormais citée comme exemple, à travers le monde entier.

Des actions importantes réalisées !

À ce niveau, il est important de signaler quelques actions importantes à l’actif de Mme le ministre de la Culture, N’Diaye Ramatoulaye DIALLO, et ses partenaires, depuis 2015.

En partenariat avec l’UNESCO et la MINUSMA, le ministère de la Culture a œuvré pour la reconstruction et la réhabilitation de 20 mausolées de Saints à Tombouctou ; la réhabilitation de mosquées classées comme patrimoine mondial à Tombouctou, des bibliothèques des manuscrits anciens. Des efforts importants ont été également faits dans la conservation physique et numérique des manuscrits exfiltrés à Bamako, en 2012.

De même, il faut souligner l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel ; la reconstruction du monument Al Farouk ; la réouverture de trois musées à travers le montage d’expositions ; l’aménagement des réserves, la mise en état des bâtiments ; le renforcement des capacités des acteurs et institutions culturelles ainsi que la création en 2017 d’un Fonds d’Appui à l’Industrie cinématographique.

À Sikasso, une Maison du Tata a été construite et le projet de réhabilitation du Tata est d’actualité. Dans le domaine de la promotion des industries culturelles, l’on peut citer la relance de la biennale artistique et culturelle avec une édition spéciale à Bamako.

Grâce au leadership de N’Diaye Ramatoulaye DIALLO, les Maliens ont été heureux de retrouver le festival Triangle du Balafon célébré du 9 au 11 février 2017 à Sikasso, ce qui a permis, depuis au Mali de renouer avec un événement culturel d’envergure internationale. Il faut noter également à ce propos, le retour de la biennale de la photographie en 2015 et 2017 ; la biennale artistique et culturelle édition spéciale, du 24 au 31 décembre 2017, ainsi que le Conte de la paix, 1ère, 2ème et 3ème édition, 2015, 2016 et 2017.

Par ailleurs, l’on note le renforcement des capacités des institutions nationales et la formation de 4 500 personnels civils et militaires de la MINUSMA sur la protection du patrimoine et les cultures locales du Mali. Également, le Projet « Donko Ni Maya » pour la prévention de la crise et le renforcement de la cohésion sociale, à travers le secteur de la culture, financé par le département allemand des Affaires étrangères, à hauteur de 2,5 millions d’Euros est une aubaine pour les acteurs de la culture.

Plusieurs rencontres et ateliers ont été également initiés par le département pour permettre aux acteurs de la culture de mieux cerner les contours des défis auxquels ils doivent faire face. Il s’agit entre autres de : la Rentrée Culturelle et Artisanale 2015, du 19 au 20 janvier 2015 à Bamako ; la rentrée Culturelle et Artisanale 2016, du 28 au 30 janvier 2016, « la Renaissance Culturelle », couplée des « Journées de réflexion sur la Biennale Artistique et Culturelle » toujours à Bamako.

Au plan régional et internationale, l’on note aussi la présence du Mali sur plusieurs scènes, malgré la crise (FESPACO, les 8e Jeux de la francophonie, du 21 au 30 juillet 2017, à Abidjan (RCI) ; la Journée mondiale de la culture africaine et afro-descendante du 23, 24 janvier 2018 à Bamako ; le Colloque sur le thème : « Crise de la Citoyenneté au Mali », le 26 mars 2018, Bamako…) Toute chose qui a évidemment permis au Président IBK d’être désigné comme Coordinateur de l’Union africaine pour la Culture les Arts et le Patrimoine pendant une année par ses pairs.

En matière d’infrastructures culturelles, on peut citer la rénovation du CICB ; le bitumage et l’électrification de la voie d’accès au Conservatoire des Arts Et Métiers Multimédia Balla Fasséké Kouyaté (CAMM BFK) ; la construction d’une salle polyvalente de 400 places et son équipement en matériel de sonorisation au Conservatoire des Arts et Métiers Multimédia Balla Fasséké Kouyaté.

En matière de promotion des industries culturelles, on peut citer avec enthousiasme la réalisation d’un film documentaire sur les mythes, légendes et récits fondateurs des alliances à plaisanterie entre patronymes, intitulé « JAMU DUMAN », à qui, il a été décerné le « Prix UEMOA de l’Intégration » lors de la dernière édition du FESPACO.

Aujourd’hui, on parle de plus en plus du vaste chantier de la nouvelle cité de la culture, sans oublier le soutien dans l’ombre à plusieurs artistes malades.

Abdoulaye OUATTARA / Afrikinfos-Mali