La salle de conférence du Musée National a abrité ce lundi 6 janvier 2020, la cérémonie d’ouverture de la session de formation théorique et pratique du «Projet d’inventaire du patrimoine archéologique au Mali, Phase I», financé par le Gouvernement des Etats-Unis d’Amérique. Cette session regroupe, pendant 7 jours, une quarantaine de participants venus de 4 régions du pays (Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou) et du district de Bamako.

La cérémonie d'ouverture s'est déroulée au Musée national sous la présidence du chef de cabinet du ministère de la Culture, Almamy Ibrahima KOURREISSI ; en présence de l'ambassadeur des Etats Unis au Mali, Dennis B. HANKINS, et le représentant du bureau de l'Unesco à BamakoEdmond MOUNKALA, etc.

Cette formation permettra de consolider les acquis des enquêteurs, d’approfondir leurs connaissances pour une bonne réalisation des travaux de terrain prévus début février 2020 pour une durée d’un mois. A travers cette formation, les participants seront outillés pour faire face à l’utilisation et à l’administration des fiches d’inventaire des sites archéologiques auprès des populations locales, des collectivités territoriales et des personnes ressources pour collecter les informations. L’atelier leur permettra également de recevoir des conseils sur le comportement à adopter sur le terrain.

Cette formation s’est tenue dans le cadre de la mise en œuvre de la politique nationale en matière de protection et de promotion du patrimoine archéologique. Le Projet « Inventaire du patrimoine archéologique au Mali, Phase I » s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord entre le Gouvernement de la République du Mali et le Gouvernement des États-Unis d’Amérique sur les restrictions à l’importation de matériel archéologique de la vallée du Niger et des Falaises de Bandiagara.

Pour rappel, le Ministère de la Culture, à travers la Direction Nationale du Patrimoine Culturel (DNPC) a reçu, en août 2019, un financement du Fonds de l’Ambassade des Etats Unis au Mali pour la préservation de la Culture (AFCP) pour réaliser le projet d’inventaire du patrimoine archéologique au Mali, Phase I.

Cette première phase du projet concerne l’inventaire du patrimoine archéologique des Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou et le District de Bamako pour un coût total de 116.100 dollars US.La durée de la première phase du projet est d’un an. Elle sera réalisée par la DNPC et ses services déconcentrés et rattachés (Missions Culturelles et Directions Régionales de la Culture), en collaboration avec l’Institut des Sciences Humaines, le Musée National du Mali et le Département Histoire-Archéologie de l’Université des Sciences Sociales et de Gestion de Bamako.

A l’ouverture des travaux, le chef de cabinet a tenu à remercier sincèrement le Gouvernement des Etats-Unis d’Amérique pour son intérêt pour son attachement à la protection et à la promotion du patrimoine culturel du Mali et surtout pour son soutien financier qui ont abouti à la mise en place de ce projet.

Selon Almamy Ibrahima KOURREISSI, le Mali est connu, pour la richesse et la diversité de son patrimoine archéologique, couvrant toutes les périodes de l’humanité et témoins matériels de brillantes civilisations dont un des exemples est la cité urbaine de Djenné-Djeno ou ancienne Djenné fondée au 3ème siècle avant Jésus-Christ. De son propos, il ressort que le patrimoine en tant qu’héritage historique, culturel et naturel rend compte de la manière dont une communauté conçoit, organise et vit son existence matérielle et immatérielle. «Parler du Mali, c’est évoquer ces nombreux sites archéologiques, notamment des vestiges d’anciens villages et buttes anthropiques qui constituent les repères qui balisent notre présent et notre avenir et contribuent à l’écriture de notre histoire», a-t-il clamé.

De nos jours, le Mali à l’image de nombreux pays africain, a fait savoir M. KOURREISSI, est confronté au phénomène de pillage des sites archéologiques et du trafic illicite des biens culturels qui a connu une recrudescence consécutive à la crise et à l’insécurité résiduelle qui se sont installées depuis 2012. Le phénomène du pillage et du trafic illicite des biens culturels, bien qu’anciens, ont pris, au cours des dernières années, une dimension toute particulière dans les pays du Sahel.

Abdoulaye OUATTARA/Afrikinfos-Mali