Les cas de malnutrition enregistrés dans de la commune de Mondoro, cercle de Douentza, dans la région de Mopti, constituent aujourd’hui une vraie urgence à laquelle les autorités doivent rapidement faire face. Avec déjà plus de cent morts et plusieurs malades, les populations de ces différentes localités, en manque de tout, ne comptent que sur l’assistance de l’Etat et ses partenaires.

Alors qu’un forum sur la malnutrition se tenait à Bamako du 23 au 25 juillet 2019, les autorités communales de Mondoro ont annoncé la mort de plus de cent personnes, à cause de la qualité d’aliments consommés dans les villages de Banaye, Yangassadiou, Douna, Teguila et Ouralatème, dans le cercle  de Douentza. Cette situation, provoquée par l’insécurité et le manque d'assistance des habitants de ces différentes localités dont l'accès est devenu très difficile ces derniers moments, constitue aujourd’hui une urgence absolue, surtout en cette période de soudure pluvieuse où les enfants sont plus exposés aux épidémies.

Selon plusieurs sources locales, depuis près d'une année, les habitants des villages et des hameaux de la commune de Mondoro n'ont pas accès aux terres cultivables. Ces mêmes localités coupées des villes, ne reçoivent, ni des services de santé, ni d’autres services humanitaires de la part de l’Etat et de ses partenaires. Aussi à cause de la recrudescence de l'insécurité, les partenaires au développement et humanitaires ont été contraints à quitter la commune. Ainsi, la majeure partie des populations de ces villages est obligée de consommer tout ce qui lui tombe sous les mains, au détriment de la qualité et de l’hygiène.

La semaine dernière, dans un cri de cœur, les élus communaux de Mondoro ont invité les autorités publiques à agir vite. Même si le ministère de la Santé a promis dans un communiqué d’envoyer des équipes d’investigation et de prendre en charge les cas de malnutrition dans les villages concernés, les autorités locales estiment que la situation est grave et ne fait qu’empirer avec déjà plus de quatre-vingt six malades couchés dans le centre de santé communautaire de Mondoro peu équipé.

Les autorités à l’œuvre !

Pour rassurer les populations, le ministre de la Santé et des Affaires Sociales, Michel Hamala Sidibé, a déclaré dans un communiqué en date du 23 juillet 2019 : « Après analyse de la situation, le ministère de la Santé et des Affaires sociales a décidé de la mise en œuvre d’actions urgentes, notamment : l’envoi sur le terrain d’équipes d’investigation et de prise en charge des cas de malnutrition dans les villages de la commune de Mondoro ;  l’approvisionnement des populations en vivres et non vivres, et des CSCom en médicaments et intrants de prise en charge de la malnutrition, conjointement avec les acteurs humanitaires et les Fama…» Mieux, il s’y est rendu le 26 juillet 2019 pour échanger avec les protagonistes dans le but de leur apporter une assistance nécessaire.

Aussi, des médicaments, des vivres et des non vivres, d’une valeur de 25 millions de FCFA, ont été remis le 25 juillet 2019 au ministère de la Santé par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Ce geste vise à répondre aux besoins cruciaux des populations concernées.

Déjà le 23 juillet 2019, les questions relatives à la recherche des voies et moyens pour une « faim zéro » étaient au centre d’une audience accordée par le président de la République, Ibrahim Boubacar KEÏTA, à une délégation de participants au Forum national sur la nutrition et l’alimentation conduite par Daniel Kablan Duncan, vice-président de la République de Côte d’Ivoire et coordinateur du Centre régional de lutte contre la faim et Jakaya Kikwete, l’ancien président de la République de Tanzanie.

Ousmane BALLO

Source: Ziré-Hebdo