De 120 067 personnes en mai 2019, le nombre de personnes déplacées internes (PDI) est passé à 147 861 en juin 2019, soit une augmentation de près de 28 000 personnes, un record jamais atteint depuis 2014. C’est ce qui ressort du Rapport du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA-Mali) sur la situation sécuritaire au pays, publié le 25 juillet 2019.

« Au 30 juin 2019, le nombre de personnes déplacées internes (PDI) était estimé à plus de 147 800 selon le gouvernement. La population déplacée est composée à 52 % de femmes et 48 % d’hommes. Les enfants représentent quant à eux 52 % de cette population. De 120 067 personnes en mai 2019, le nombre de PDI est passé à 147 861 en juin 2019, soit une augmentation de près de 28 000 personnes », précise le rapport.

Selon l’Organisation internationale, le nombre de personnes déplacées internes a plus que doublé par rapport à l’année dernière à la même période. « Les déplacements de personnes causés par les violences exacerbent les vulnérabilités dans un environnement protecteur de plus en plus menacé. Le secteur des abris et des biens non alimentaires n’a pas encore reçu de financement dans le cadre du Plan de Réponse Humanitaire. Sans financement additionnel, l’assistance alimentaire est compromise », indique le rapport.

Le document ajoute également que les populations de plusieurs communes de Mopti demeurent confinées dans leurs villages sous l’effet de l’insécurité liée aux conflits. « L’analyse des imageries satellitaires montre une réduction importante des superficies cultivées dans cette région où les populations renoncent à l’exploitation des champs situés à la périphérie de leurs villages estimés peu sécurisés. Selon le Cadre Harmonisé de mars 2019, près de 550 000 personnes ont besoin d’une assistance alimentaire d’urgence pendant la période de soudure de juin et septembre, dont plus de 60 % se trouvent dans les régions de Mopti et Ségou. A cela s’ajoutent plus de 147 800 PDI et les populations hôtes vulnérables qui ont besoin d’une assistance allant au-delà de la période de soudure », souligne le rapport.

Selon OCHA-Mali, face à cette situation, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a revu sa planification à la hausse pour réduire les déficits de couverture des besoins alimentaires et se préparer à faire face aux urgences liées aux nouveaux déplacements forcés de personnes. « Ainsi en coordination avec le Cluster Sécurité Alimentaire et le Commissariat à la Sécurité Alimentaire (CSA), le PAM cible 470 000 personnes dont 270 000 en insécurité alimentaire saisonnière et 200 000 affectées par les conflits y compris les PDI. Le PAM continuera également à fournir les réponses d’urgence aux nouvelles PDI en partenariat avec les services locaux du gouvernement et le mécanisme de réponse rapide (RRM)», ajoute le document.

Des besoins humanitaires urgents persistent !

Toutefois, le document précise que faute de financement suffisant, cette assistance ne pourrait être maintenue. « La ration alimentaire mensuelle a déjà connu une baisse de 30 pour cent en juin 2019. Un montant supplémentaire de 10 millions de dollars est nécessaire pour assurer une réponse jusqu’à la fin de la période de soudure en septembre », peut-on lire dans le document.

Le Rapport souligne que l’augmentation du nombre de PDI est due à la recrudescence des violences dans les régions de Mopti, Ségou, Tombouctou, Gao, Ménaka, Sikasso et la bande frontalière entre le Mali et le Burkina Faso. Par ailleurs, le document précise : « Environ 98 % des PDI se sont déplacées à cause de l’insécurité et 2 % en raison des difficultés économiques liées au conflit, à l’insécurité alimentaire et/ou par crainte d’attaques selon le rapport de suivi des déplacements de juin. En outre, plus de 76 % des ménages déplacés ont reçu une assistance humanitaire ponctuelle. Malgré cette assistance, des besoins humanitaires urgents persistent dans tous les secteurs. A titre d’exemple, le rapport de suivi précité révèle que 75 % des PDI ont identifié les vivres comme leur besoin prioritaire. Selon la même source, plus de 66 % des personnes déplacées souhaitent rentrer dans leurs localités d’origine si les conditions sécuritaires le permettent tandis que 27 % désirent rester dans les zones de déplacement.»

Ousmane BALLO

Source: Ziré-Hebdo