Tenu du 29 au 31 Janvier 2019 à l’hôtel El Farouk de Bamako, l’atelier Régional de facilitation pour la mise en œuvre des Contributions Déterminées Nationales (CDN) dans le cadre de l’Accord de Paris sur le Climat  avait regroupé 12 pays membres de la CEDEAO. Le but de cette rencontre était de faire le point sur l’état de la mise en œuvre des engagements inscrits dans l’accord de Paris. Il s’agissait également d’élaborer une feuille de route pour faciliter la mise en œuvre de ces CDN d’ici à 2030.

Beaucoup de pays de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) connaissent des fortunes diverses dans la mise en œuvre des CDN à cause de la faible implication des pouvoirs publics et le secteur privé à tous les niveaux. Cette rencontre de Bamako a permis aux représentants des différents pays concernés de faire l’état des lieux de la situation particulière de leurs pays respectifs. Des ambitions de réduction, aux recommandations en passant par les défis à relever, le cadre institutionnel, le plan d’investissement pour les pays dans l’exécution des CDN tout est passé au peigne fin.

«De cet atelier, il est attendu la formulation des attentes claires des pays pour une mise en œuvre efficiente des CDN et identifier les appuis que doivent apporter les partenaires pour booster le processus. La Commission de la CEDEAO, pour sa part, s’engage à collaborer avec l’ensemble des partenaires en vue d’apporter un soutien approprié aux états membres pour le parachèvement des CDN», a laissé entendre Raoul KOUAMEH, représentant de la Communauté Economique des Etats de Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

Au regard des communications faites par des différents pays, on peut retenir que les ambitions de réduction d’émission de Gaz à Effet de Serre (GES) à l’horizon 2030 varient de 13% en Guinée Bissau ; 15% au Togo ; 25% au Sénégal ; 28% en Côte d’Ivoire  à  44% en Gambie, pour ne citer que ceux-ci. Quant au Mali, les objectifs de réduction visés par la Contribution Déterminée au niveau National sont fixés par le secteur à savoir 29% pour l’Agriculture, 31% pour l’Energie et 21% pour le Changement d’utilisation des terres et la foresterie.  Selon Drissa DOUMBIA, le point Focal de la CDN au Mali en service à l’Agence de l’Environnement et du Développement Durable (AEDD), pour l’atteinte de ses objectifs, le Mali est passé de 0,76 à 2,2% du budget national alloué à la question. C’est un  effort qui a été salué à l’unanimité par l’ensemble des pays représentés à la rencontre.

De façon générale, les Etats comme la Gambie, le Sénégal, le Liberia, le Togo et le Burkina Faso accusent du retard dans la mise en œuvre des engagements de leur pays face à l’accord de Paris. Ils sont au stade de la Contribution Prévue Déterminée au niveau National (CPDN) qui a précédé la CDN. Par conséquent avec la feuille de route qui vient d’être adoptée à l’issue de la rencontre de Bamako, ils envisagent bientôt l’élaboration d’un plan d’investissement national pour leur CDN.

Par contre le Mali, la Cote d’Ivoire et le Ghana enregistrent des avancées notoires dans la mise en œuvre de leurs CDN. A cet effet, ils ont partagé leur expérience avec les des experts des autres pays concernant l’exécution de leur plan d’investissement.

Présidé par le ministère malien de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable à travers DEMBELE Aminata DIARRA, Conseillère Technique en charge des Changements Climatiques, l’atelier a abouti à une dizaine de recommandations qui concourent à la facilitation de la traduction des CDN des 15 pays de la CEDEAO en actes concrets. Il s’agit, entre autres : élaborer une feuille de route de mise en œuvre des CDN ; promouvoir la participation du secteur privé dans le financement des CDN ; renforcer le cadre institutionnel et règlementaire pour la mise en œuvre, des stratégies et actions de la CDN ; élaborer et mettre en œuvre des stratégies de mobilisation des ressources financières internes et externes ; organiser des rencontres régionales annuelles.

La prise en compte de ces recommandations de l’Atelier régional de Bamako, devrait permettre aux Etats membres de la CEDEAO de jouer pleinement leur partition dans la réduction des effets des Changements Climatiques à l’échelle mondiale. Surtout au bénéfice des 10 pays les plus vulnérables au monde dont 5 en Afrique qui sont (Liberia, Niger, Tchad, Guinée Bissau et le Mali).

Il est à noter qu’en termes de financement, les Etats de la CEDEAO doivent mobiliser un montant de plus de 4000 milliards de dollars pour la mise en œuvre de leurs engagements vis-à-vis de l’accord de Paris.

Modibo Ouattara, pour afrikinfos-mali.com