Dans le cadre de la lutte contre la drogue, la direction de l’Office central des stupéfiants (OCS) a procédé, ce lundi 1er juillet 2019, à la destruction de 8 tonnes Cannabis; 7,6kg héroïne; 4,6Kg métanphitamine ; 2,250 Kg cocaïne, et 2,775 Kg de produits pharmaceutiques contrefaits. Ces produits dont la valeur marchande est estimée à plusieurs millions de francs CFA, ont été saisis lors de différentes opérations effectuées par les unités de l’OCS, celles de la police, de la gendarmerie et de la douane au cours de la période allant du dernier semestre 2018 au premier semestre 2019.

La cérémonie d’incinération de ces produits stupéfiants a eu lieu à Diago dans la commune rurale de Dio-gare, cercle de Kati. Selon Directeur Général de l’OCS, le Magistrat Colonel Adama TOUNKARA, cette opération d’incinération découle de l’application de l’article 136 de la loi 01-078 du 18 juillet 2001 modifiée portant sur le contrôle des drogues et précurseurs, qui prévoient que la destruction des produits se fait en présence des représentants de l’autorité judiciaire et les membres de la commission de destruction. Et c’est sur la base de cet article, que le Procureur de la République près le tribunal de Grande instance de la Commune VI a ordonné la destruction de ses produits.

Selon lui, l’augmentation des quantités saisies s’explique par plusieurs facteurs, notamment une meilleure coordination des opérations entre l’OCS et les autres forces de sécurités présentes sur le terrain. Pour le patron de l’OCS, cette cérémonie est pédagogique, obéit à un souci de transparence, car, elle permet aux citoyens de connaître la destination finale des drogues saisies. Son but est d’une part d’éviter le retour de ces produits dans le circuit du commerce illicite et d’autre part d’informer et sensibiliser la population sur l’ampleur du trafic et de la consommation de drogue et inviter la société civile à s’approprier l’enjeu de ce phénomène. «Dans leur mode opérateur, les trafiquants de drogue utilisent des moyens plus importants, notamment des semi-remorques aménagées pour faire rentrer les produits», a-t-il ajouté.

Quant à Boubacar Sidiki SAMAKE, Procureur du pôle judiciaire spécialisé de la lutte contre le terrorisme, il a précisé qu’il y a un lien étroit entre le terrorisme et le trafic de drogue. Après avoir exprimé son inquiétude face à la quantité de plus en plus croissante des drogues saisies, Boubacar Sidiki SAMAKE a précisé : «Nous savons à travers le monde où les conflits sont souvent exacerbées d’une certaine façon, où nous constatons une montée de la violence, nous constatons aussi la présence des stupéfiants dans ces zones.»

S’agissant des contrevenants, il a fait savoir que leurs dossiers évoluent devant les tribunaux et il se passe plus de sessions d’assises sans qu’on ait quelques dossiers de l’OCS surtout en matière de drogue à haut risque.  Le Procureur du pôle judiciaire spécialisé de la lutte contre le terrorisme a enfin fait savoir que les drogues à haut risque, tel que la cocaïne, l’héroïne, viennent de l’extérieur du pays. «Mais à l’intérieur du pays, il y a aussi un trafic important de chambre-indien et de cannabis», a-t-il ajouté.  

Abdoulaye OUATTARA / Afrikinfos-Mali