Le centre du Mali aura vécu bientôt cinq ans d'insécurité et de conflits intercommunautaires. C’est une situation qui menace sérieusement l’effectivité des travaux champêtres de cette année dans plusieurs localités de la région de Mopti.

Actuellement, dans les cercles de Koro, Bankass, Douentza et Bandiagara, dans la région de Mopti, la situation sécuritaire ne permet pas encore aux populations de mener leurs activités agricoles. Étant l'épicentre de la crise intercommunautaire que connaît présentement le Mali, ces zones sont une nouvelle fois sous la menace d'une année sans agriculture. Plus la saison des pluies approche, plus les attaques se multiplient comme les trois dernières années. Déjà la semaine dernière des attaques ont eu lieu dans les cercles de Koro  et de Bankass.

D’abord le 01 juin 2019, un camion des forains de Douna-pen dans la commune rurale de Dioungani, de retour du marché de Koro, a sauté sur une mine. Cet engin explosif, placé entre Danganatene-Douna-pen, a coûté la mort à une personne et deux autres ont été blessées. Deux jours après, une autre attaque a visé des habitants de Ogoyeri dans la commune rurale de Cassa faisant un mort. Mais, les assaillants ont fait des blessés et ont emporté de nombreux bétails. En plus de cela, d'autres attaques ont été perpétrées dans la même semaine, cette fois-ci dans le cercle de Bankass, sans perte en vie humaine.

Aujourd'hui dans le cercle de Koro, les habitants ne peuvent plus réellement circuler librement que sous l'escorte de chasseurs « dozo » où quelques fois même de militaires maliens. Il est donc presque impossible d'avoir de la quiétude à la veille de cette saison des pluies. Car, les activités préparatives des champs sont quasi impossibles.

Une situation humanitaire dramatique!

Déjà les deux années précédentes sans agriculture ont provoqué une situation humanitaire assez dramatique dans l'ensemble du pays dogon. Plus de cinquante mille personnes sont sous la menace d'une insécurité alimentaire. Au cours d'une conférence de presse animée au mois de mai 2019, à la Maison de la Presse, le Collectif des associations de jeunes du pays dogon (CAJPD) avait déjà alerté l'opinion nationale et internationale sur le risque de famine qui plane sur plusieurs localités de la région de Mopti, particulièrement dans les cercles de Koro, Bankass, Douentza et Bandiagara. Selon cette association, plus de 54 000 de personnes sont en risque de famine dans les soixante-quatre communes de la région.

En plus de cela, la région de Mopti a déjà enregistré plus de 65 000 personnes déplacées et plus de 528 écoles toujours fermées, soit 150 000 élèves privés de leur droit fondamental qui est l'école. A cela s'ajoutent les 869 points d'eau qui ne fonctionnent plus dans lesdits cercles. Aujourd'hui, le retour effectif de l'armée est plus que jamais indispensable afin de permettre aux paysans de mener en toute quiétude leurs travaux champêtres.

Amadou Basso

Source: Ziré-Hebdo