Dans le cadre de la mise en œuvre du projet intitulé « Alliances et sororité des défenseurs des droits des femmes pour la défense et la promotion des droits des femmes au Mali et en Algérie (HAOUA) », l’Association des Femmes pour les Actions de Développement (AFADev) et le Comité International pour le Développement des Peuples (CISP) viennent de former 50 jeunes pairs éducateurs.

Cette session de formation a eu lieu ce mercredi 1er mai 2019 au Jardin d’enfant de Médina-Coura. L’ouverture des travaux était présidée par l’ancienne ministre, Mme Sangaré Oumou BA ; en présence de la présidente de l’AFADev, Mme Diaka Oumou DIALLO ; ainsi que Yoro DIAKITE, consultant de l’AFADev.

Au total, ils sont une cinquantaine de jeunes filles et garçons à prendre part à cette session de formation. Financé par l’Union européenne, ce projet (HAOUA), selon ses responsables, va contribuer à sensibiliser les bénéficiaires sur l’importance de l’éducation des jeunes filles, en vue de l’abandon des mariages précoces et contribuer à leur l’autonomisation.

A travers cette formation, il s’agit pour l’AMADev et ses partenaires de mieux outiller les pairs éducateurs afin qu’ils puissent servir de relais en termes d’information et de sensibilisation sur les conséquences du mariage précoce dans les six communes du District de Bamako. Au cours de cette session, l’accent a été mis sur la santé de la reproduction.

Selon Yoro DIAKITE, cette présente campagne qui a été lancée le mois dernier, vise les jeunes de la tranche d’âge de 15 à 24 ans. L’objectif de cette initiative est de sensibiliser près de 800 jeunes filles et garçons à travers les six communes de Bamako sur les conséquences du mariage précoce. «En raison de la sensibilité du sujet, notre objectif n’est pas de demander l’interdiction, mais d’attirer l’attention des acteurs communautaires et des jeunes eux-mêmes sur les dangers», a précisé M. DIAKITE.

Il ressort des différentes communications que pour réussir un changement de comportement social favorable à la santé de la mère et de l’enfant, il faut davantage communiquer pour relever certains défis, qui ont pour noms : barrières sociales, culturelles et religieuses ; faible niveau de plaidoyer pour les changements programmatiques et de politiques…

Selon les statistiques de « Enquête par Grappe à Indicateurs Multiples au Mali (MICS-Mali), 2015 » 16,1% des femmes de 15-49 ans déclarent avoir été mariées ou en union avant l’âge de 15 ans contre 1,3% des hommes. De même, 75,2% des femmes et des filles continuent de subir des Mutilations Génitales Féminines au Mali. Egalement, 34,9% des jeunes femmes de 15-24 ans sont capables de lire une phrase courte et simple ou sont allées à l’école secondaire contre 48% des jeunes hommes de la même tranche d’âge.

Abdoulaye OUATTARA / Afrikinfos-Mali