Aujourd’hui, le bitumage de l’axe Fana-Béléko-Kignan-Tabarako devient plus qu’une nécessité. Long de 208 km, reliant les routes nationales N°6 (axe Bamako-Ségou) et N°11 (axe Sikasso-Koutiala), ce trajet constitue actuellement un séreux obstacle au développement économique local et un vrai danger pour la santé des populations riveraines. Pour attirer une fois de plus l’attention des autorités compétentes sur cette situation très difficile et déplorable, le mouvement Siraba, après des multiples rencontres à Bamako, a tenu deux assemblées générales les 9 et 10 mars 2019, respectivement dans les communes rurales de Kignan et de Béléko.

L’objectif de ces rencontres était d’expliquer aux populations riveraines les ambitions du mouvement pour le bitumage dudit trajet et en retour d’avoir l’adhésion de tous. Ainsi, les riverains se sont unis comme un seul homme derrière ce mouvement Siraba pour faire bouger les lignes. D’autant plus que le bitumage de cet axe se trouve déjà dans la Déclaration de Politique Générale (DPG) de l’ancien Premier ministre, Modibo Keita, rendue publique le 27 mai 2015.

Aujourd’hui, les populations des communes de Béléko, jusqu’à Sanzana en passant par celles de Kignan et de Doumanaba, se disent déterminées à entreprendre des actions permettant d’accélérer la réalisation de cette promesse politique de la part du gouvernement. Cela, pour mettre fin à des sérieuses difficultés relatives à l’accès des populations aux services sociaux de base. Actuellement, dans ces zones, l’accès aux Centres de Santé de Référence des différents chefs-lieux de Commune par les usagers est devenu un véritable parcours de combattant, surtout pendant la période d’hivernage où cet axe devient totalement impraticable. Du coup, les populations assistent impuissamment à des cas de décès, particulièrement chez les femmes enceintes, dus à l’état délabré de la route.

Ces rencontres qui consistaient également à attirer l’attention des autorités locales, les élus locaux, les acteurs de la société civile, ainsi que les responsables des régions concernées par l’état de dégradation de la route, ont tenu toutes leurs promesses en termes de mobilisation. « Si nous avons une préoccupation unique, une sollicitation unique, un plaidoyer unique à faire auprès de l’Etat du Mali, c’est vraiment le bitumage de notre route pour que nous soyons enfin libres de ces tracasseries pour aller vers le développement de nos localités où on a de braves travailleurs soucieux de l’avenir de leurs villages et communes respectifs. Mais à cause de la dégradation des routes, ils sont incapables d’exploiter les potentialités agricoles  pour leur épanouissement », a rappelé Diakaridia Mariko, 1er vice-président du Mouvement Siraba.

Des raisons valables pour le bitumage du trajet !

Reliant la région de Koulikoro à celle de Sikasso, cette route touche 216 villages, huit arrondissements, vingt-et-une communes rurales, deux cercles et compte environ 400.000 habitants. C’est une route qui constitue aujourd’hui le poumon de l’économie de l’ensemble de ces localités. Les foires hebdomadaires des localités comme Béléko, Kignan, Mena et Doumanaba, sont fréquentées par des commerçants venant de Bamako, Dioïla, Fana, Sikasso, Koutiala, Ségou et de tous les villages environnants. Ce sont de véritables lieux d’échanges économiques. Malheureusement, ces activités économiques sont souvent limitées à cause de l’impraticabilité de la route.

Ainsi, le cadre était bien choisi pour le président du mouvement Siraba, Bazan Raphaël Coulibaly, pour bien expliquer la potentialité économique de la zone aux invités et à l’intention de tous les décideurs. « Dans cette zone dont il est question aujourd’hui, les productions céréalières et cotonnières sont très abondantes sans compter l’apport en bétail, volaille, agrumes et produits maraîchers et la contribution de l’usine d’égrainage de coton de Kignan, avec une capacité de plus de 60 000 tonnes à égrener et donc environ 58 000 tonnes en 2017 ; les 60 000 tonnes pour la prévision  de la campagne de 2018  et sans oublier les usines d’égrainage de Fana et de Dioïla. Ce qui constitue des dizaines, voire des centaines de milliards de FCFA pour l’économie malienne chaque année. En plus de cela, il est prévu à moyen et long termes, la construction d’une usine d’égrainage de coton à Béléko. Cette route n’est donc pas une route ordinaire, mais une source de vie pour toutes ces populations riveraines », a-t-il ajouté.

Kalifa Coulibaly, maire de la commune rurale de Kignan : « L’état de notre route nous coupe le sommeil ! »

A Kignan, le maire, Kalifa Coulibaly, n’est pas du tout resté en marge de la rencontre. Au-delà d’une large mobilisation, en collaboration avec ses collègues, il a tenu à préciser : «Le problème le plus récurrent chez nous, c’est l’état de notre route. C’est une situation qui nous coupe souvent le sommeil, alors que Kignan regorge d'une potentialité agricole inestimable avec ses deux usines, à savoir l’usine d’égrainage de coton d’une capacité de production de plus de 60 000 tonnes par an et l’usine Sucotex. »

Après avoir réitéré sa disponibilité et celle de l’ensemble du Conseil communal à accompagner le mouvement Siraba dans son combat, Kalifa Coulibaly a rappelé : « En majorité agriculteurs, les habitants des différentes contrées de la commune de Kignan cultivent le coton, la pomme de terre, les céréales de différentes variétés, les légumes, les fruits, etc. » Pour lui, avec l’état de la route, ces produits ne peuvent pas être tous acheminés vers un bon marché, au bon moment et en bon état.

Ousmane BALLO

Source : Ziré-Hebdo