Mamadou Togo, Président de Ginna Dogon

Le président de l’Association malienne pour la protection et la promotion de la culture dogon ‘’Ginna Dogon’’, Mamadou Togo, a animé la semaine dernière une conférence de presse sur la situation sécuritaire, les tueries et vols de bétails au centre, particulièrement dans le pays dogon. Au cours de cette rencontre, il a déclaré aux hommes de médias que le désarment de Dan Na Ambassagou doit se faire après la sécurisation totale de l’ensemble du pays dogon.

Dans son exposé liminaire, le président de Ginna Dogon, Mamadou Togo, a indiqué que ces derniers temps, le pays dogon est victime d'un réseau de voleurs de bétails qui tue et pille son cheptel avec la volonté manifeste d'affamer la communauté. Il s'est dit également convaincu que l'industrie criminelle développée autour de ce vol de bétail alimente forcément la crise sécuritaire au pays dogon.

Ainsi, il a demandé aux autorités de prendre toutes les dispositions possibles afin de mettre fin à ce trafic. « Nous sommes en train de réunir des éléments pour traduire en justice nos voleurs de bétails qui tuent aussi les propriétaires des animaux », a-t-il souligné, avant d’ajouter que les populations des zones concernées se sentent abandonnés par l’État dans cette situation.

Parlant du DDR, le conférencier a rappelé que le peuple dogon a toujours été républicain et donc ne refuse pas le processus. Toutefois, il a indiqué que le désarment de Dan Na Ambassagou doit se faire après la sécurisation totale de l’ensemble du pays dogon. « C'est la condition fondamentale », a-t-il ajouté.

« Ce que Da Na Ambassagou fait, c’est de la légitime défense. Car, les chasseurs ne donnent jamais la mort par plaisir », a-t-il défendu, avant de préciser : « Nous ne pouvons pas déposer nos armes pour laisser les autres venir nous tuer comme des poulets. Si nous sommes des tueurs, nous ne tuons que ceux qui viennent nous attaquer. »

Selon les responsables de Ginna Dogon, à la date du mois d’août 2019 dans la commune de Sangha, plus 1965 bovins, plus de 3228 bovins et caprins ont été emportés ; des centaines de greniers brûlés ; une cinquantaine de villages rasés et des dizaines de personnes (500) tuées tout en brulant les engins.

« Nous estimons aujourd’hui à plus de 500 millions de déplacés Dogons à l’intérieur et dans les pays voisins. Certains membres de ce réseau criminel de voleurs de bétails ont été repérés, signalés aux autorités et mis aux arrêts grâce à l'action de son organisation. Ainsi, des animaux volés ont été retrouvés à Niamana. C’est pourquoi, nous avons porté plainte au tribunal de la commune VI du District de Bamako. Le procureur a tout notre soutien. La personne de Boubou Cissé, responsable du Garbal de Niamana est l’un des maillons-clés de ce réseau de voleurs », soulignent-ils.

D’ailleurs, dans la salle, le président de Ginna dogon a brandi une pile de dossiers d’accusation relatifs à des cas de vols documentés. Il a invité ainsi la justice à diligenter le traitement des dossiers qui lui ont été soumis. Le conférencier a terminé son exercice en annonçant que son organisation va bientôt publier un rapport exhaustif sur les chiffres concernant le vol de bétail au pays dogon.

A. O

Source : Ziré