Dans la zone de recasement de Sotuba-village en Commune I du District de Bamako, plus de 200 familles sont menacées dexpulsion par des spéculateurs fonciers en complicité, dit-on, avec certains juges dans l’affaire dite de Niamancolo Coulibaly. Au cours dun point de presse tenu le 13 septembre 2019, les victimes, regroupées au sein dun collectif, sollicitent limplication personnelle du président du tribunal de grande instance de ladite commune qui vient juste de prendre service.

Dans leurs explications, les responsables du collectif ont fait savoir que la zone de recasement de Sotuba-village a été affectée par l’Etat, à travers le ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales, aux ayant-droits des déguerpis de Sotuba-village en date du 20 avril 2004.

Devant les journalistes, les conférenciers ont brandi la lettre n° 167 signée à l’époque par le ministre l’Administration territoriale et des Collectivités locales, Boubacar Sidiki Touré, et adressée à la délégation spéciale de la mairie de la Commune I, en date du 20 avril 2004. Dans cette correspondance signée par cette délégation spéciale et dont nous avons eu une copie, l’on peut lire : « Suite à lavis favorable du ministre de lAdministration territoriale et des Collectivités locales, jai lhonneur de vous notifier par la présente la mise à la disposition de votre commune dune parcelle de terrain, dune superficie de 16ha 03a, à extraire du Titre foncier 187 de Bamako, sise à Sotuba. Cette dotation est destinée au recasement des populations du quartier spontané de Sotuba.»

En 2009, précisent les conférenciers, le sieur Niamancolo Coulibaly a revendiqué un droit coutumier sur une partie de cette parcelle qui varie entre deux et six ha dans cette zone de recasement de Sotuba. Selon lui, ladite partie avait été cultivée par son grand-père. Dès lors, dénoncent les responsables du collectif, un réseau de magistrats et de spéculateurs fonciers parmi lesquels les nommés Modibo Diarra, Seydou Diarra, Youssouf Konaté, Abderrahmane Maïga dit Aba et Ibrahim Fomba), a mis le pied dans le plat. Pour les conférenciers, ce réseau soutien Niamancolo sur du faux pour que les occupants de la zone de recasement de Sotuba puissent être expulsés.

A travers cette sortie médiatique, le collectif entend attirer l’attention du nouveau président du tribunal de la Commune I sur ledit dossier. Selon les responsables du collectif, c’est avec l'arrivée en Commune I du 1er substitut du procureur (Abba Maïga), connu comme étant l'ami de certains grands spéculateurs fonciers de la Commune (Modibo Diarra et Seydou Diarra), que les habitants de la zone de recasement de Sotuba se trouvent dans cette situation aujourd’hui.

Le hic dans cette affaire, selon le collectif, est que plus de 200 familles habitent dans cette zone  depuis plus de dix ans et avec des permis d’occuper délivrés par la mairie de la Commune I.

Abdoulaye Ouattara / Afrikinfos-Mali