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Selon le Rapport 2019 du Département d'Etat américain sur la Traite des Etres Humains qui place notre pays dans la catégorie 2, certaines familles auraient engagé leurs enfants dans les groupes armés pour qu’ils bénéficient des avantages liés au Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR).

Sans donner plus de détails, le Département d'Etat américain rappelle que depuis le début de l'année 2012, des groupes extrémistes islamistes rebelles occupent certaines parties du nord du pays. « Des organisations terroristes et des groupes armés continuent de recruter et d’utiliser des enfants, surtout des garçons, pour les combats, les forçant à porter des armes, à travailler aux points de contrôle, à garder des prisonniers et à patrouiller ; certains d’entre eux ont été utilisés comme espions et garçons de courses. Certains de ces groupes ont utilisé des filles pour les combats, pour des fonctions de soutien et pour l’exploitation à des fins sexuelles, notamment pour l’esclavage sexuel par le biais de mariages forcés à certains de ces miliciens », rapporte le document.

Le rapport précise également que les groupes armés auraient forcé certaines familles à leur vendre leurs enfants ou contraint des communautés à leur remettre des adolescents pour la « protection de la communauté ». « Une organisation internationale a signalé que des trafiquants ont procédé au recrutement frauduleux d’enfants censés être éduqués dans des écoles coraniques pour en fait les forcer à combattre avec des groupes armés. Certaines familles engageraient leurs enfants dans les groupes armés parce que les parents pensent qu’ils profiteront de l’aide au désarmement, à la démobilisation et à la réinsertion. Par le passé, un groupe armé malien a recruté de force des réfugiés maliens en Mauritanie pour les contraindre à être enfants soldats au Mali », peut-on lire dans le rapport.

Le Département d'Etat américain va encore plus loin et souligne : « Le gouvernement a fourni un appui en nature au Groupe autodéfense touareg Imghad et alliés (GATIA), groupe armé non gouvernemental dirigé par un général malien qui a recruté et utilisé au moins vingt-deux enfants au cours de la période visée par le présent rapport, et avec lequel il a collaboré. En 2016, une organisation internationale a enquêté sur des responsables du GATIA, des responsables des forces de défense et de sécurité maliennes, ainsi que des civils dans le cadre de violences sexuelles liées au conflit, notamment de la traite à des fins sexuelles et de l’esclavage sexuel.»

Servitude domestique et travail forcé dans les mines d’or !

Dans le même rapport, l’on apprend que le taux de chômage élevé, l’insécurité alimentaire et les menaces à la sécurité mènent les familles à vendre leurs enfants pour les soumettre à la servitude domestique ou au travail forcé dans les mines d’or. « Des garçons originaires du Mali, de Guinée et du Burkina Faso sont sujets au travail forcé dans l’agriculture (surtout dans les rizières, les plantations de coton et les champs de maïs et de céréales sèches), les mines d’or artisanales, les services domestiques, les transports, la mendicité et le secteur commercial informel. Des enseignants coraniques corrompus contraignent et forcent des garçons maliens à mendier ou à effectuer des travaux agricoles dans des pays voisins, notamment au Sénégal, en Guinée et en Côte d’Ivoire. Certains membres de la communauté touareg noire sont sujets à des pratiques esclavagistes ancrées dans les relations traditionnelles de l’esclavage héréditaire. Des hommes et des garçons, principalement de l’ethnicité songhaï, étaient assujettis à la pratique de longue date de la servitude pour dette dans les mines de sel de Touadéni, dans le nord du Mali », précise le rapport.

122 victimes de la traite, dont 23 du travail forcé !

Selon le Département d'Etat américain, le gouvernement malien a continué de déployer des efforts pour identifier et protéger les victimes de la Traite des Etres Humains. « Au cours de la période visée par le présent rapport, les responsables du gouvernement et leurs ONG partenaires ont identifié 122 victimes de la traite et 46 victimes potentielles, notamment des Maliens exploités sur le territoire national et à l’étranger, ainsi que des étrangers exploités au Mali, par rapport à 104 victimes potentielles de la traite identifiées par des ONG et les pouvoirs publics au cours de la période visée par le rapport précédent. Parmi les victimes identifiées, les autorités ont identifié 23 victimes du travail forcé, notamment de la mendicité forcée, au moins trois victimes de la traite à des fins sexuelles et 84 Maliens exploités à l’étranger au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et dans d’autres pays d’Afrique du Nord et de l’Ouest », ajoute le document.

Ousmane BALLO

Source : Ziré