Après la fin des mouvements de protestations qui ont paralysé l’axe routier Bamako-Kayes, le Premier ministre malien Boubou Cissé a entamé jeudi 29 août une visite de terrain dans cinq localités de la région de Kayes. Jeudi, à Diéma, il a pris un engagement : dans deux semaines, les travaux de construction de la route vont commencer. Une annonce saluée par les populations, mais au même moment à Bamako, la Plateforme anticorruption au Mali rencontrait la presse, pour dire que si les routes sont si dégradées, c’est aussi à cause de la corruption.

La plateforme de lutte contre la corruption et le chômage au Mali (PLCC) en a fait le constat. C’est dans tout le pays que les routes sont dégradées selon Clément Dembélé, son président : « Il n’y a pas que le tronçon Kati jusqu’à Kayes, c’est partout au Mali. Nous avons un budget national de 2 000 milliards de francs CFA, mais on n’est pas capables de faire les routes. Cela veut dire qu’on ne peut pas faire un mètre, sans tomber dans un trou. »

L’une des causes, la corruption, estime-t-il : « Quand vous regardez une route dont l’épaisseur doit faire à peu près dix à douze centimètres, on pose une fine couche qui fait à peine un centimètre. On veut tout simplement gratter, cela veut dire que toute la chaîne est corrompue. Ce qui fait que ça tombe sur la tête des populations. »

Et pour obtenir la construction de véritables routes goudronnées, la plateforme a sa stratégie : « Aujourd’hui, la corruption est arrivée à un tel niveau ! Ce qu’il faut faire, c’est qu’il faut aujourd’hui mettre la pression politique. Vous savez, le problème du Mali c’est un problème de volonté politique. Le Mali est sous perfusion internationale, mais ce n’est pas un pays pauvre. C’est un pays qui est pauvrement géré. »

Il ajoute que des plaintes seront également déposées devant la justice.

Source : RFI