Les agents des centres de santé de référence de Bamako sont en grève depuis le mardi 13 août sans pour autant avoir déposé un préavis. Les grévistes réclament aux collectivités 30% des recettes qu’engendrent les structures sanitaires. Les autorités sanitaires sont fortement interpellées afin de trouver une solution à cette grève qui a trop duré.

Les agents des centres de santé de référence de Bamako sont en grève depuis le mardi 13 août sans pour autant avoir déposé un préavis. Les grévistes réclament aux collectivités 30% des recettes qu’engendrent les structures sanitaires. Les autorités sanitaires sont fortement interpellées afin de trouver une solution à cette grève qui a trop duré.

Lundi 19 août 2019. Il est 10 heures. C’est un silence de cimetière qui règne dans les centres de santé de référence des six communes du district de Bamako. Du bureau de l’entrée à la maternité en passant par la salle de mise en observation, la pédiatrie, tous les services de santé étaient hermétiquement fermés après une semaine de grève sauvage optée par les comités locaux du syndicat national de la santé, de l’action sociale et de la promotion de la famille (SNS-AS-PF).

Quelques agents, au nombre de sept étaient sur les lieux en plus du médecin chef-adjoint du centre de santé de référence de la Commune I du district de Bamako, Dr Modibo Dianguina Soumaré et des vigils. Aucun autre personnel de santé n’était présent sur les lieux. Même les portes de la morgue étaient cadenassées. Une première dans l’histoire de la grève au Mali. Malheur à celui ou celle qui tombe malade dans ces conditions, car même le service minimum n’est pas assuré.

A notre passage, le major Dr Cheik Oumar Dombia, Secrétaire général de la Fédération des syndicats de la santé et de l’action sociale du Mali (FESYSAM) affilié à la centrale syndicale la CSTM était en train d’administrer des soins à un patient.

Il signale que son syndicat n’observe pas la grève d’où sa présence au centre. Une vieille, qui se plaignait de douleur, a fait le constat amer de l’absence du personnel soignant. Dr Cheik Oumar Dombia se confie, tout dépité, sur la situation qu’il juge trop drastique. » Pour lui, cette grève ne se justifie pas. Et on devrait au moins assurer le service minimum comme le serment nous le dicte. Dans ces conditions, ce sont nos parents qui payent un lourd tribut« , regrette-t-il, le regard triste.

Malgré les conditions difficiles et sous la menace des grévistes, ce jeune médecin s’attèle, tant bien que mal, à ausculter certains patients qui, le plus souvent sont chassés dès leurs arrivée au portail. « Il est vrai que c’est une grève, mais au moins, pour nous qui sommes là, on devrait trouver un moyen pour assurer les soins. Sinon qu’allons-nous devenir« , a laissé entendre l’accompagnant d’une malade venu pour consultation au centre de référence de la Commune II.

Selon nos informations seuls les centres de santé de référence des Communes III, IV et VI assurent le service minimum pour l’instant. En rappel, cette grève est partie d’une revendication relative au reversement de 30% des ristournes. C’est-à-dire les avantages accordés aux agents au bout de trois mois de travail qui n’ont rien à voir avec les primes et indemnités. Il s’avère que l’Etat a donné son quitus après les 38 jours de grève observés par les syndicats de santé en 2018 mais il n’arrive pas à honorer cet engagement au niveau des services de santé endettés.

Ramata Tembely

Source: L'Indépendant