La gestion de la menstruation est un phénomène complexe pour bon nombre de femmes et de jeunes filles, notamment en milieu scolaire où elle constitue un grand handicap pour certaines adolescentes. Pour pallier ce fléau,  le Réseau des ONG nationales, accompagné de la plateforme nationale pour la promotion de la gestion de l’hygiène menstruelle, sous le leadership du ministère de l’éducation et avec le soutien de l’UNICEF, a tenu ce 03 avril 2019 à l’hôtel Onomo de Bamako, un atelier de restitution de l’étude formative sur la gestion de l’hygiène menstruelle auprès des adolescentes. A la cérémonie d’ouverture de cet atelier, les acteurs du domaine ont avancé des chiffres accablant en la matière.

Cet atelier a été initié dans le souci d’aider le gouvernement à mieux outiller les acteurs du milieu scolaire sur la menstruation des jeunes adolescentes afin que ce phénomène ne soit plus un handicap pour leurs formations. Selon le représentant adjoint de l’UNICEF au Mali, Félix Ackebo,  de nombreuses filles ne participent pas aux activités communautaires, fautes d’une bonne information sur la gestion de leurs menstruations : « Selon le rapport de l’enquête sur la situation de l’eau, hygiène et assainissement dans les écoles primaires du Mali conduite en 2017 par le ministère de l’éducation avec l’appui de l’UNICEF, 93% des écoles, soit 1.470.000 élèves ne bénéficient ni de sessions d’éducation, ni de session d’orientation sur la gestion de l’hygiène menstruelle », a déclaré le représentant de l’UNICEF.   

Tout comme l’UNICEF, le REHA à travers  la plateforme, explique davantage l’importance de l’atelier « Cet atelier, nous l’avons initié dans le but d’aider les adolescentes à mieux gérer cette étape de la vie. Vous savez que c’est à l’âge de 7 à 8 ans que les enfants vont à l’école et à un moment donné, les jeunes filles auront ces problèmes de menstruations, car c’est souvent au début des premières règles que tout le danger arrive et c’est un moment extrêmement important mais aussi compliqué à gérer pour la jeune fille qui peut tomber enceinte ou être victime des problèmes liés souvent à la non maîtrise de la situation », a-t-il souligné.

La présidente de la plateforme nationale pour la promotion de la gestion de l’hygiène menstruelle, Mme Coulibaly Salimata Diarra, pense tout de même que ces filles sont souvent victimes du rejet dans la société. Cela, en plus des jours qu’elles passent sans aller à l’école.

Selon Kinane Gadeda, représentant du ministre en charge de l’Education Nationale, ce phénomène préoccupe bon nombre d’Etats. «Cet atelier se tient au moment où dans le monde,  environs 800 millions de femmes et de filles sont confrontées à la gestion de leurs menstrues », a-t-il déclaré. Selon lui, c’est la raison pour laquelle que le gouvernement malien a accordé une place prépondérante à la gestion hygiénique des menstrues en milieu scolaire.

Amadou Kodio / Afrikinfos-Mali