Le combat contre le paludisme, considéré comme la première cause de mortalité au Mali et dans la plupart des pays du monde, reste une guerre à gagner tant pour les chercheurs du secteur de la santé que les Etats eux-mêmes. Au Mali, un nouveau projet de recherche a été lancé le 10 octobre 2019 à l'Hôtel de l'Amitié à Bamako. Lobjectif est de recueillir des solutions permettant de lutter efficacement contre la maladie.

Lancé sous le thème: « la mise en place de vaccins bloquant la transmission du paludisme », ce projet a pour vocation de venir en aide aux populations afin de bloquer la transmission du paludisme. Un projet qui, selon le ministère de la Santé et des Affaires sociales, s'inscrit dans une myriade de projets de lutte contre la maladie, tous complémentaires les uns des autres et non concurrents les uns par rapport aux autres.

Ce projet de lutte contre le paludisme appelé Projet Malaria Transmission Blocking Vaccin (PFTBV-Consortium) dont la coordination est assurée par le MRTC-Parasito à l'Université des Scientifiques, des Techniques et des Technologies de Bamako (USTTB) et dirigée par le professeur Issaka Sagara, consiste principalement à tester trois antigènes de stade sexuel bien établi chez l'homme et un antigène chimère. Il est financé par le partenariat Europe-Pays en développement pour les essais cliniques (EDCTP) qui a octroyé une subvention de 18 millions d'euros au consortium, ainsi que le PATH/États-Unis avec un appui à hauteur de 14 millions d'euros. Ce qui fait un total de 32 millions d'euros, soit environ 20 milliards 800 millions de francs CFA.

Selon le coordinateur Sagara, au cours de la première année, alors que le matériel vaccinal est fabriqué, un essai en médecine expérimentale de laboratoire établira les tests et les critères de jugement pour les futurs essais de phase 2, un essai unique en son genre destiné à recruter des enfants et qualifier les critères d'efficacité contribuant ainsi à réduire le fardeau inacceptable du paludisme. « Le projet PTBV-Consortium propose de mettre en place des vaccins bloquant la transmission du paludisme », a-t-il ajouté 

Selon lui, la recherche à l'origine du projet a adopté une nouvelle stratégie cette année. Car, dit-il, habituellement, l'accent est mis sur la destruction du parasite du paludisme chez les personnes infectées. « Dans la nouvelle approche, le but est de tuer le parasite dans le moustique et ainsi arrêter la transmission de l'infection d'un individu à l'autre », a-t-il précisé.

Renforcer les compétences des chercheurs

Parti sur une durée de cinq (5) ans, le Projet TBV sera également développé dans quatre pays africains. Il s’agit du Burkina-Faso, de la Guinée, du Mali et du Liberia. Les institutions partenaires issues du Burkina Faso, de la Guinée Conakry, du Liberia, du Danemark, de la Hollande, des Etats-Unis d'Amérique avec le National Institutes of Health (NIH) et le Program for Appropriate Technology in Health (PATH), ainsi que le Mali en font un projet exemplaire de coopération Sud- Sud et Sud-Nord.

Le projet TBV s'est, par ailleurs, assigné comme mission : le renforcement des compétences des chercheurs. Ce qui, selon les initiateurs, aura un impact significatif sur la capacité des sociétés africaines à gérer, contrôler et finalement éliminer le paludisme. Mieux, une série de formations à court terme sera entreprise. Ces formations porteront sur la méthodologie des essais cliniques et les normes ICH, l'éthique de la recherche, la biologie moléculaire, l'histopathologie placentaire, les statistiques, la rédaction scientifique et la gestion de la recherche.

Présidant la cérémonie de lancement, le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Mahamadou Famanta, a déclaré: « Depuis des décennies, le fléau du paludisme fait des ravages. Nous avons tous dans notre histoire personnelle la mémoire d'une tragédie liée à cette terrible maladie et nous savons tous combien ce fléau handicape de larges parties de nos populations. Le Mali est presque toujours souvent partie prenante dans ces initiatives. Cette implication de la recherche en santé de notre pays y trouve toute sa légitimité et porte haut les couleurs de notre nation. Que les directeurs de ces différentes initiatives trouvent ici l'expression de ma reconnaissance, que je porte, à n'en pas douter, comme étant celle de l'ensemble des populations africaines.»

Le représentant du ministre de la Santé a estimé que le paludisme est une maladie infectieuse potentiellement mortelle et provoquée par des parasites du genre Plasmodium. « Selon l'OMS 2017, cette maladie a causé environ 219 millions de cas et 435 000 décès dans le monde. Le paludisme constitue toujours une maladie transmissible aux effets considérables en termes de santé publique, de développement humain et économique et l'Afrique demeure le continent où elle fait le plus de ravages », a-t-il ajouté.

Amadou Basso

Source: Ziré