« Si nos médecins continuent d'entendre "C'est Dieu qui a donné, c'est Lui qui a repris, auront-ils besoin de faire des efforts pour mieux s'occuper des personnes qui viennent de confier à eux non pas pour mourir mais pour guérir d'une maladie ou donner vie à un enfant ? "...» Cette question nous renvoie à la pathétique histoire de Elle. Cette femme qui, après avoir donné naissance à des jumeaux, le mercredi nuit, et dont les dernières analyses avant l'accouchement ne signalaient aucun problème de rein, va se retrouver avec les deux reins inactifs et être transférée sans aucun rapport médical écrit, au CHU du Point G, le jeudi matin, pour, dit-on, une dialyse. Le service ''Néphrologie'' du Point G trouve la tension de Elle très élevée et suggère qu'elle reste en observation au service Réanimation.

Le vendredi, la famille de Elle apprend qu'elle va subir une troisième intervention chirurgicale le lendemain, pour déterminer la cause de l'hémorragie qui ne s'arrête pas qui avait déjà englouti plus d'une vingtaine de poches de sang. Mais on entend aussi des rumeurs circulant sur la vraie raison de cette troisième intervention : une échographie a montré quelque chose de suspect dans le ventre de la pauvre femme fatiguée, épuisée, exténuée. Samedi. On fait la dialyse puis l'opération. Les médecins semblent satisfaits et annoncent que le plus dur est passé. Mais le mari est très inquiet. Une compresse épaisse a été trouvée dans le ventre de sa femme. Mais il ne veut pas ébruiter l'affaire et n'en parle qu'à des personnes très proches et capables de garder le silence. D'autre part, les médecins lui ont dit que si Elle ne pisse toujours pas toute la nuit, le dimanche matin, on lui fera autre dialyse. Dimanche. On lui fait la deuxième dialyse. Mais chose curieuse, Elle ne s'est pas réveillée depuis la troisième opération. Vers 14 heures, le médecin informe la famille que le foie est atteint. Le désespoir grandit. On apprend vers le petit soir que Elle est dans un coma profond. Vers 4 heures du matin, le décès est constaté, la famille informée.

« Seigneur, comment une femme venue accoucher dans une clinique peut-elle se retrouver en réanimation et en sortir dans un corbillard ! » Cette question sur toutes les lèvres ne semble pas avoir de réponse. Mais la plus grave des interrogations est : quel jour les parents des victimes d'erreurs médicales comprendront-ils que leurs attitudes condescendantes avec les médecins, est un blanc-seing qu'ils donnent  à ces médecins assassins qui exploitent cette loi de la fatalité qui est une prime a l'irresponsabilité et l'inconscience. Devant ce tableau sombre, on ne peut que noter avec impuissance que ceux-là même qui ont prêté le serment d'Hypocrate sont transformés en serpents hypocrites. Nous sommes donc en danger et les dirigeants de l'État qui eux, s'offrent les meilleurs soins au Maroc, en Tunisie et en France, doivent se réveiller pour venir au secours des pauvres qui ont voté pour eux  hier et qui voteront pour eux demain pour avoir. A bon entendeur...

MINGA S. Siddick

Source: Ziré-Hebdo