En vue d'améliorer le système de sante infantile du Mali, le gouvernement du Mali, à travers le ministère de tutelle multiplie les actions en faveur du secteur de la santé. C'est dans ce sens qu'un nouveau programme appelé Global Financing Facility (GFF) vient d'être lancé ce lundi 18 mars 2019, afin de lutter contre la mortalité infantile et néonatale au Mali.

Après le lancement de la plateforme de coordination du mécanisme de financement mondial  (Global Financing Facility (GFF), ce 18 mars 2019, à l'hôtel Sheraton, le ministre de la santé et de l'hygiène publique, Pr. Samba Ousmane Sow, a précisé au cours d’un point de presse que le Mali fait partie des trois pays les plus touchés par la mortalité infantile et néonatale.

« La mortalité infantile a augmenté de 95 à 101 décès pour 1 000 naissances vivantes entre 2012 et 2018, et la mortalité maternelle reste l'une des plus élevées dans la région avec 587 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2015 », a-t-déclaré. Pr. Samba Sow a également a ajouté : « En outre, d'autres questions liées au taux élevé de natalité et au nombre élevé de grossesses des adolescentes soulignent la nécessité d’adapter les prestations et les services de santé à ces besoins qui sont exclusivement féminines. Le système de santé fortement dégradé aujourd’hui a besoin d’une réforme en profondeur. Cet état de fait est exacerbé par la crise socio-sécuritaire, la forte croissance et le changement démographique, ainsi que l'urbanisation. L’investissement du gouvernement dans la santé et la politique de recouvrement des coûts doivent être revus. En effet, le Mali n'a dépensé que 0,85% du PIB en soins de santé et 4,32% du budget national révisé en 2018. Les frais d’utilisation, quant à eux, représentent un obstacle financier majeur aux soins de santé. En effet, 46% de la population ayant besoin de soins n'auraient pas utilisé les services de santé parce qu'ils sont trop chers. Pour nous aujourd'hui, il n'est pas acceptable d'être à la zone rouge en termes de mortalité infantile et on va mettre tout en œuvre pour améliorer notre système de santé. »

Toutefois, le ministre Sow a ténu à remercier le directeur santé de la Banque mondiale pour sa sensibilité quant aux doléances du Mali. Il a aussi rappelé que c’est en étant conscient de cette situation difficile et de ses causes que le Gouvernement s’est engagé dans une réforme en profondeur du système de santé pour corriger ces insuffisances et créer la dynamique qui lui permettra d’améliorer de façon significative et durable l’état de santé de sa population « Notre adhésion en juin 2018 au GFF s’inscrit dans cette dynamique », a-t-il précisé. Selon le ministre de la santé, le Mali qui est sur le chemin de la renaissance du système national de santé, commencera par la réforme du secteur des soins de santé primaires, notamment la gratuité des soins curatifs et préventifs pour les enfants de moins de cinq ans, les femmes enceintes (période pré et post natale), les services de planification familiale et les premiers soins d’urgence ; la prise en charge dans le dispositif de santé des Agents de Santé Communautaire (ASC) offrant des services essentiels sans frais aux communautés ; l’augmentation du budget national alloué au Ministère de la santé sur les prochaines années pour atteindre au moins 6%.

Pour mener à bien cette plateforme de coordination du mécanisme de financement mondiale, le Mali ne manque pas du tout de soutien. « Nous allons accompagner le Mali dans la mise en œuvre effective de ce programme, en apportant des expériences d'autres pays qui ont réussi dans ce domaine. Aussi en ce concerne le financement, nous avons plusieurs d'autres partenaires qui nous accompagne comme UNICEF et d'autres » a ainsi rassuré monsieur Tim Evens, directeur santé au niveau de la Banque mondiale. Il faut noter que ce projet est financé à hauteur de 94 millions de dollars  par plusieurs partenaires.  

Amadou Kodio, afrikinfos-mali.com