A moins de deux mois du premier tour du scrutin des élections législatives, les tractations de positionnement sur les listes et les alliances, souvent contre nature, sont en cours au sein des partis politiques. La priorité de la plupart de ces potentiels députés n’est pas du tout de chercher à connaître les aspiration des populations de leurs circonscriptions respectives, de quoi elles souffrent et quelles solutions pourront-ils apporter en tant qu'élus nationaux. Ils pensent plutôt à leurs futurs modes de vie d’élus avec  un macaron des couleurs nationales à la poitrine et une écharpe autour du cou.

Ainsi, tous les moyens semblent être bons pour y parvenir. Achat de conscience, détournement ou annulation des voix, fausses promesses aux populations… Voilà, entre autres, les raccourcis pour se faire appeler honorable. Connue en tant qu’une maison du peuple, l’Assemblée devient ainsi un refuge pour certains politiciens en panne d’inspiration dont la seule mission est de dire ‘’OUI’’ pour sauvegarder leurs propres intérêts et ‘’NON’’ pour nuire à l’autre. Des candidats sont élus alors qu’ils n’ont jamais eu l’initiative d’aller passer au moins deux jours dans leurs circonscriptions en temps normal.

Pire, d’autres, élus ou pas, ne peuvent même plus poser leurs pieds dans leurs localités. Installés à Bamako il y a dix ou vingt ans, ils deviennent subitement députés au nom des populations qu’ils ont volontairement abandonnées à l’intérieur du pays pour des raisons qu’ils sont les seuls à connaître. Du coup, ces populations deviennent de simples spectateurs dont le sort se décide ailleurs.

Pour mettre fin à ce désordre politique, le peuple doit se dresser et se montrer mature en sanctionnant tous les candidats qui ont de mauvaises réputations quels que soient les partis ou regroupements politiques qui les soutiennent. C’est la seule manière d’instaurer une politique rationnelle fondée sur la redevabilité en faveur des peuples.

Pour ce faire, les électeurs doivent également accepter d’accomplir leur devoir civique et citoyen en allant voter librement et sans contrepartie. En acceptant de vendre sa propre voix ou sa conscience à un ou une candidate, le citoyen donne à l'élu, le plein de droit d’agir en maître absolu, mettant ainsi son intérêt personnel au-dessus de celui de sa circonscription électorale. De même, nul ne peut imposer à un tel honorable élu sur de fausses valeurs, la culture de redevabilité qui devrait être obligatoire entre tous les élus et leurs peuples dans tout pays qui se veut digne et démocratique.

C’est pourquoi, ces élections législatives dont le premier tour est prévu pour le 29 mars 2020, devraient être une bonne occasion pour les électeurs de manifester leur maturité patriotique en sanctionnant tous les candidats dont la probité politique, morale et sociale n'est pas suffisante pour leur permettre de les représenter dans l’hémicycle.

Ousmane BALLO

Source :Ziré