Le 06 mars 2009, à la veille d'élections municipales, j'écrivais les lignes qui suivent. Rien, dans l'actualité politique actuelle ne me permet de croire que les choses ont changé. Souvenirs figés dans le moule d'un présent qui ressemble au passé. Un présent morne, mort-né. Souvenirs...

Bientôt les élections municipales en République du Mali. Maintenant, il s'agit bien d'élections législatives, mais le décor est le même, le vocabulaire aussi. Alors, partout se déchaînent les passions politiques. Les partis sont en ébullition. Hyperactivité médiatique ! On s'organise, on se désorganise ; on construit, on déconstruit, on se reconstruit ; on s'entre-déchire, on disparaît, on réapparaît ; on échange, on s'arrange, on change, on mange. On dérange. Mais on survit. C'est l'essentiel. Les rivières se jettent dans les fleuves. Les fleuves se noient dans les océans. Unions sacrées, fusions calculées, alliances contre-nature ou de circonstance. Machinations, tractations, conciliabules, transhumances. C'est vrai qu'à la saison des élections, le verger du vocabulaire fleurit et charrie dans l'air le parfum du politiquement correct, c'est-à-dire de l'humainement incompréhensible.

A la saison des élections, sur le bois mort des champs de bataille politique, poussent des champignons, inoffensifs ou vénéneux. A la saison des élections, se propage partout le dangereux virus TS (Thé/Sucre) qui contamine tout le tissu social avec une forte prévalence chez les jeunes intellectuellement et socialement sans défense. A la saison des élections, tous les moyens sont bons, tous les coups sont permis et l'avantage est à ceux qui ne s'embarrassent pas de scrupule. Est champion celui qui a su dompter le plus gros du bétail lors des batailles. C'est le héros du moment, le Zorro du jour, en attendant pire ! A la saison des élections, la vraie vie s'arrête. Parce que les politiques nous transportent dans les mondes de leurs rêves morbides, à bord de leur vaisseau… spécial : les discours aromatisés qui réussissent à nous faire prendre des vessies pour des lanternes ! A la saison des élections, l'administration prend du plomb dans l'aile. Tous les chefs cherchent un surplus de pouvoir. Les petits agents en profitent. Bonjour absentéisme ! Bonjour laxisme ! Tout le monde s'en plaint. A voix basse. Personne ne réagit. Parce que la saison des élections, c'est sensible. Il ne faut pas prendre le risque de se faire des mécontents qui seront des ennemis. Même au plus haut niveau du contrôle des services publics, on doit se taire pour plaire. A la saison des élections, tout le monde est fort et tout le monde est faible. C'est comme ça. Et ça, c'est la démocratie ! Qui dit mieux ?

Alors, il ne me reste plus qu'à souhaiter à tous ceux qui n'échapperont pas au TS, BONNE MORT ! En attendant la résurrection. A bon entendeur...

MINGA S. Siddick

Source : RFI