La plateforme "Anw ko Mali dron" a animé une conférence de presse le 25 janvier 2020 au Mémorial Modibo Keita. Au cours de cette rencontre, plusieurs questions ont été abordées. Il s’agit entre autres, de  la crise sécuritaire au nord et au centre du Mali, de la question des forces étrangères, de la rencontre des chefs d'État du G5 Sahel à Pau (France), de la grève des enseignants, du Dialogue National Inclusif, ainsi que les prochaines élections législatives.

Composée d'associations et de partis politiques, la plateforme ‘’Anw ko Mali dron’’, dirigée par Mme Sy Kadiatou Sow se montre toujours vigilante. Ainsi, lors de cette conférence, Mme Sy a rappelé aux autorités « qu'il est de leur responsabilité première d'assurer la stabilité et la sécurité sur l'ensemble du territoire malien ». Elle est allée plus loin :  « La situation socio-politique et sécuritaire en 2019 a atteint un paroxysme inégalé avec la persistance des violences en particulier dans les régions dites du Nord et du Centre assassinats, enlèvements, avec comme conséquences la détresse de populations isolées, déplacées, la déstructuration de l'économie rurale, la destruction de ponts.., les attaques meurtrières contre les FAMa à Mondoro, Boulkessi, Imdelima ,Tabankort ayant entraîné la perte de près de 150 militaires, ainsi que la mort de 13 militaires de la Force Barkhane. L'année 2019 s'achève hélas sur cette note triste, désespérante et sans perspective de lendemain meilleur pour notre peuple. »

Parlant toujours  de la situation sécuritaire, la plateforme n'a pas occulté les récentes manifestations contre la présence des forces étrangères au Mali, notamment Barkhane. Des contestations qui ont poussé le président Macron à convoquer un sommet avec les chefs d'État du Sahel. Selon Mme Sy Kadiatou Sow, les propos tenus par Emmanuel Macron lors de la rencontre de Pau sont insultants. « Si la clarification était souhaitée par toutes les parties, la démarche et les propos insultants de Macron ne peuvent que conduire à une plus forte crispation des opinions nationales des pays concernés et au-delà, des opinions publiques africaines »,a-t-elle déclaré. 

 Un DNI décevant !

 S’agissant du Dialogue national inclusif (DNI), la plateforme estime que les Maliens dans leur très grande majorité fondaient un grand espoir sur la tenue des véritables assises pour apporter des réponses appropriées aux conséquences désastreuses de la crise multiforme que le Mali subit depuis 2012.  Selon Mme Sy, ce dialogue n'a rappelé que les mauvais souvenirs d'une certaine Conférence d'Entente Nationale dont les recommandations sont aux oubliettes. « Le président de la République et son gouvernement ont bouclé le 22 décembre 2019 un processus de Dialogue national inclusif bien loin de celui qu'il annonçait à la nation le 16 avril 2019 »,a-t-elle ajouté.

Pour elle,  l'objectif principal du gouvernement était et est de faire accepter la révision constitutionnelle et la tenue des élections législatives en conformité avec les engagements de l'Accord politique de gouvernance (APG), en témoignent les principales résolutions brandies par le gouvernement parmi de nombreuses autres recommandations pertinentes de certaines commissions. « Malheureusement encore, le contexte actuel ne nous permet pas d'avoir une élection digne de ce nom, car il est impossible d'organiser une élection législative dans ce contexte, sans exclure une grande partie du Mali, et qu'en-est-il de leurs droits en tant que citoyens ? »,  s'interroge la présidente de la plateforme. 

Parlant de la crise scolaire, la plateforme Anw ko Mali dron témoigne que le gouvernement n’a pas respecté ses engagements. « Nous avons un gouvernement qui est incapable de respecter ses propres engagements »,précise Mme Sy Kadiatou Sow.

Amadou Kodio/ Afrikinfos-Mali