La majorité et l’Opposition confirment leur participation aux élections législatives de 2020. Le premier tour du scrutin est annoncé pour le 29 mars prochain et le second tour devrait se tenir le 19 avril 2020. Cependant, des partis politiques de l'opposition émettent des réserves sur la bonne tenue des scrutins, mais la majorité affirme qu’elle « fait confiance au gouvernement ».

 Pour l'organisation des prochaines élections législatives, l'opposition est sceptique. Le porte-parole du chef de file de l'opposition, Nouhoum Togo, émet des doutes quant à la transparence et au bon déroulement du scrutin dans plusieurs localités, du nord et du centre, frappées par l’insécurité.

« Nous avons des doutes, mais, il faut que cela soit clair dans l’esprit des uns et des autres, nous allons participer aux élections, nous ne ferons pas du faux fuyant, mais il y a des problèmes très sérieux, nous pensons que ce serait très difficile d’organiser une élection avec crédibilité et la reconnaissance sur le plan national et international ».

La majorité, elle, ne cache pas son optimisme. Zoumana N'tji Doumbia, député à l'assemblée nationale et président de la commission Loi, estime que « si le gouvernement l'a annoncé, c'est que les dispositions nécessaires sont prises ». Il ajoute aussi que : « Les élections, c’est encore le 29 mars, je suis assez optimiste et je suis un oiseau de bon augure, je pense que d’ici là, il y aura une vraie montée en puissance en tout cas de nos forces de défense. Nous avons des partenaires aussi qui pourront nous aider à sécuriser ces élections que ce soit à Mopti ou partout ailleurs ».

Du côté de la société civile, l’Observatoire pour les élections et la bonne gouvernance, s'interroge sur la représentativité du peuple au sein de l'assemblée nationale. Pour Dr. Ibrahim Sangho, Président de l’Observatoire, l'idéal aurait été de procéder à des reformes électorales avant la tenue de ces élections. Selon Dr. Sangho, « c’est sur la base du recensement de 1996 avec une population estimée à 9 millions 800 mille habitants à l’époque que 147 députés ont été élus à l’assemblée nationale ».

 

Il souligne qu’« aujourd’hui, en 2020, la population malienne est de 20 millions d’habitants ». Avant de s’interroger si « les 147 députés vont valablement représenter le peuple malien ? ».

Malgré ces insuffisances, le Président de l’Observatoire des élections estime qu’« on n’a pas le temps suffisamment. Il faut doter l’Assemblée nationale des députés légitimes, ça c’est la priorité des priorités ».

 

Il faut signaler que comme les communales en 2016, ce scrutin se tiendra dans plusieurs localités du pays même si certaines circonscriptions sont en proie à l'insécurité.

Source: Studio Tamani