Invité à l’émission ‘’Thema’’ le 22 mars 2019 à 20 heures 30 minutes sur Africable Télévision pour débattre sur le thème : « Kokadjè de mars 1991, sommes-nous, 30 ans après, devenus plus propres ?  », Pr. Clément Dembélé, chargé de cours aux universités de Bamako, pensent que les acteurs de la démocratie ont menti au peuple.

Animé par notre confrère, Robert Dissa, de Africable Télévision, ce débat recevait trois autres invités. Dans ses interventions, Pr. Clément Dembélé n’a pas caché ce qu’il pense de la politique de gestion de notre pays. « D’abord en 1990, on a donné un certain espoir au peuple. Cet espoir à consisté à lui faire croire que le régime militaire était un régime corrompu, un régime de démagogie, d’injustice et de division. Après 1991, ceux-là qui avaient demandé de chasser Moussa Traoré, ont fait croire que le Mali allait changer. Malheureusement, il y a eu encore plus de corruption, d’injustice et d’inégalité sociale qu’avant. En plus, une forme d’aristocratie a donné naissance aujourd’hui à la bourgeoisie compradore. Donc, il n’y a jamais eu un Kokadjè au Mali », a-t-il déclaré.

Selon Pr. Clément Dembélé, nous devons nous rendre à l'évidence pour reconnaître que nous nous sommes pendant longtemps menti. Quelqu’un qui n’a pas eu honte de prendre le bien d'autrui, avance-t-il, pourquoi ne pas le sanctionner ? Pour le professeur d’université, le vol est actuellement encouragé au Mali. « Lorsque quelqu’un est nommé à un poste, deux ans après, s’il arrive à voler le bien public pour se faire construire une villa, on dit qu’il est un enfant béni et que sa mère a été une femme soumise. Donc, cela pousse les honnêtes personnes à voler aussi pour être considérées dans la société», a-t-il ajouté.

Pr. Clément Dembélé a également précisé que la corruption dépasse la seule compétence du président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta. « La corruption n’a pas commencé avec lui et il est difficile de dire qu’on va l’éradiquer sous son mandat. Aujourd’hui, il faut dire aux Maliens ce que c’est que la corruption. Les trois V (véhicule, verger et villa) suffisent comme preuves pour les services de répression financière dans leurs enquêtes. On ne peut pas comprendre qu’un fonctionnaire de l’Etat puisse avoir un tel bien », a-t-il souligné.

Pour finir, le professeur d’université propose, comme solution à la corruption: la conscientisation de la population, la séparation du pouvoir au niveau d’interférences (exécutif et juridique et législatif…), la lutte contre les fraudes dans les concours et recrutements, la centralisation des informations des structures de lutte contre la corruption, l’audit des comptes des partis politiques, la fixation du montant des campagnes électorales, la publication du coup de financement des campagnes politiques, le respect de la déclaration des biens de tout cadre étatique, des élus nationaux et locaux et des personnes occupant des postes de nomination...

Ismaël Traoré

Source : Ziré-Hebdo