Tel un dinosaure politique sorti d’une longue hibernation, suite à l’essoufflement et à la déconfiture de son camp qui a rallié armes et bagages Koulouba, le candidat inconsolable, Chef de file de l’Opposition, l’honorable Soumaïla CISSE, décide de rompre le vertueux silence qu’il s’était imposé. Non pour donner l’estocade à un adversaire désormais hors de sa portée, mais subrepticement et malicieusement pour jouer au rabat-joie, au trouble-fête, à la veille de la commémoration de l’investiture du Président IBK.

Sinon qu’est-ce qui délie la langue de Soumi ? Au-delà de l’honorable alibi qu’il met en avant, à savoir son devoir de Chef de file de l’opposition de s’opposer, pardon « d’informer sur les questions d’intérêt majeur concernant la gouvernance et l’avenir de notre pays » celui qu’on donne comme fini, veut-il prouver à Tiébilé DRAME et à ses autres camarades du FSD SAP qu’il est loin d’être incapable par lui-même et par sa propre voix de porter la contestation et l’opposition dont il incarne la chefferie. Aussi, veut-il avec une pierre faire deux coups. Dans un baroud d’honneur pour sa survie politique, Soumi entend montrer que malgré les lâchages il est et il peut mettre du sable dans la farine.
Le choix de la date du 3 septembre ne procède donc pas du hasard. À la veille de la commémoration de l’investiture, il entend frapper un grand coup pour noircir le bilan de son éternel adversaire. L’équipement de l’armée lui sert de bréviaire, tout comme les partenaires techniques et financiers lui servent de paravent pour égrener les scandales déjà éventés par ses anciens amis qu’il espère mettre mal à l’aise.
Donc, pour le Chef de file de l’Opposition qui peine à se départir de sa rancœur postélectorale, «le maître mot qui rythme et caractérise le régime d’IBK est, sans aucune contestation possible, celui de scandales.
Scandales avec un S majuscule tant ils se sont succédé à fortes doses et à coûts exorbitants.
Scandales relatifs à l’achat de l’avion présidentiel, d’équipements militaires, d’engrais frelatés, à la passation de marchés sur-facturés, à la construction de logements sociaux, et la liste n’est pas exhaustive !
Scandales, en toute impunité, touchant aux domaines sensibles de la sécurité, de l’éducation, de la santé, de l’aménagement routier parmi d’autres, sur fond de malversations financières, de fraudes fiscales et douanières, l’ensemble impactant gravement le quotidien tant social, économique que civique de nos populations… »

Cette sauce puante des scandales concoctée pour faire ingurgiter aux Maliens comme apéritif à la veille du 4 septembre, Soumi l’assaisonne avec l’inacceptable et l’intolérable montée de l’insécurité galopante et effrénée qui frappe notre pays qui a, dit-il, occasionné, de 2013 à 2019, la mort de plus de 4 000 civils et militaires, dont plus de 500 pour le seul premier semestre de 2019.

Mais la cible principale et prioritaire de cette sortie censée être virale est et reste le Président IBK. Un IBK qui, dit-il, est resté sourd à ces dénonciations et interpellations. Soumi lance : « affirmer sans ambages que notre pays est en guerre et utiliser ou laisser utiliser à d’autres fins les ressources destinées à équiper et à former l’armée pour qu’elle puisse faire face à l’ennemi et l’annihiler à tout moment et partout sur le territoire national, cette affirmation constitue un acte assimilable à de la haute trahison de la part du Chef suprême des armées, susceptible d’ouvrir la voie à sa mise en accusation ».
C’est pourquoi, il entend rendre gorge par le biais d’une enquête parlementaire d’une Assemblée nationale prorogée dont il se garde d’opiner sur la légitimité, lui qui s’est abstenu de voter la Loi organique portant prorogation du mandat des députés. Du coup, obtenir ce qu’il n’a pas eu par les urnes et par la rue.
En effet, Soumi entend, à travers l’affaire Puma, du nom des hélicoptères cloués au sol faute d’entretien approprié, instruire le procès et traduire les auteurs et complices de cette affaire en raison des crimes et délits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Au nombre de ces auteurs et complices il espère voir figurer le Président IBK pour haute trahison et une longue liste de crimes prévus et punis par le Code pénal et la Loi n°2014-015 du 27 mai 2014 portant prévention et répression de l’enrichissement illicite au Mali. Sauf que la volupté de l’ignorance des infractions criminelles lui fait inventer une nouvelle (mensonge d’État) qui n’existe pas encore dans notre arsenal pénal.
La générosité du silence n’est-elle pas préférable aux errements et égarements de l’activisme épidermique ? Toute chose qui ne sied pas Soumi qui devrait donner le temps au temps. Mandela devrait lui servir d’exemple.

PAR BERTIN DAKOUO

Source : Info Matin