Soupçonné d’avoir indûment perçu 400 millions de F CFA des caisses de l’Office du Niger, Me Baber Gano est plus que jamais aux portes de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (Oclei) et du Pôle économique et financier.

L’ancien ministre des Transports et actuel secrétaire général du Rassemblement pour le Mali (RPM), Me Baber Gano se fait rattraper par un scandale financier à l’Office du Niger dont il est bel et bien le Conseil juridique. Un contrat d’assistance judiciaire les lie depuis avril 2015 (qui était initialement attribué à Me Amidou Diabaté dans les mêmes clauses) pour un montant annuel de 15 millions de nos francs et d’une durée d’un an renouvelable. Il couvre toutes les prestations liées aux interventions d’un avocat au Mali et à l’extérieur.

Mais là où l’avocat a outrepassé ses obligations contractuelles, c’est d’avoir perçu la somme de 400 millions de F CFA, en 2017, soit deux ans après avoir paraphé son contrat. Le motif évoqué est qu’il a aidé l’Office à régler à l’amiable, un contentieux relatif à l’apurement d’impayés d’impôts de 3,5 milliards de F CFA et de cotisations INPS d’un peu plus de 379 millions de F CFA.

Pourtant, selon les termes de son contrat de 2015 jusque-là en vigueur, la perception d’aucun autre montant n’est prévue et ledit contrat couvre normalement ce genre d’intervention. C’est comme s’il avait encaissé de l’argent supérieur à 26 fois le taux de son contrat en cours pour un travail pour lequel il touche déjà des honoraires. Il y a juste des ristournes qui sont exceptionnellement prévues en cas de recouvrement d’argent pour son client et dont le taux est variable selon le montant encaissé. Or les 400 millions de F FCA perçus par Me Baber Gano n’entrent point dans ce cadre précis. D’où des soupçons d’enrichissement illicite qui pèsent sur l’ex-ministre et deuxième personnalité du RPM. Un monsieur très en verve et connu pour sa nature loquace, mais qui est contraint aujourd’hui de garder profil bas depuis sa sortie du gouvernement à la faveur du dernier remaniement ministériel après la réélection d’IBK à la magistrature suprême. Ceci explique-il cela ?

Me Gano est désormais dans l’œil du cyclone. Le dossier a atterri sur la table du président de l’Oclei, le magistrat Moumouni Guindo et en voie d’être porté à l’appréciation du Procureur général près la Commune III du district de Bamako, chargé du Pôle économique et financier, Bandiougou Diawara. Deux structures chargées de traquer les corrompus et délinquants financiers et qui ont toute l’onction du président IBK, premier magistrat du pays. Ce dernier, faut-il le rappeler avait placé son premier mandat sous le signe de la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite.

Il n’aura certainement pas de répit dans cette affaire encore moins la mansuétude du président de la République Ibrahim Boubacar Kéita, décidé à asseoir la probité dans notre pays pour protéger les deniers publics.

Abdrahamane Dicko

Source Mali Tribune