Mme Sy Kadiatou Sow, présidente de la plateforme ANW Ko Mali et de l’ADEMA Association

Réunie dans une plateforme appelée "ANW Ko Mali", une vingtaine d'organisations de la société civile et de partis politiques, a signé une déclaration commune le 27 juillet 2019  à la Pyramide du Souvenir, afin de manifester son mécontentement face au processus du Dialogue national inclusif déjà déclenché par le président de la République, Ibrahim Boubacar Keita, et son gouvernement. Pour ces acteurs, le processus du Dialogue national est loin d'être "inclusif ". La signature du document a été couplée avec une conférence-débat.

Au total, une vingtaine d'organisations de la société civile et de partis politiques, dont entre autres, le CNID Association, ADEMA Association, FARE, CSTM, CCV-Mali, FSD, MSR, FOSC, UDA, Association An be kun ko do, ASI, CCP, Forum des organisations de la société civile, s'est engagée dans cette "ultime" lutte qui, selon eux, permettrait de sortir définitivement le Mali de la crise actuelle.

Il y a exactement un mois de cela, soit le 28 juin 2019 à la même Pyramide de Souvenir,  conformément à cet objectif, ces mêmes acteurs avaient animé une conférence de presse autour des questions brûlantes de l'actualité du pays mettant l'accent sur trois axes majeurs, à savoir : la situation sécuritaire du pays, le dialogue national et la prorogation du mandant des députés.

La conférence-débat de ce samedi était prioritairement focalisée sur le dialogue national inclusif, notamment : le format du dialogue, son contenu, ses acteurs, la démarche, la durée et enfin les résolutions et leur dispositif de mise en œuvre. Car les objectifs de cette nouvelle plateforme sont très clairs : analyser et influencer toutes les décisions politiques et actions des autorités dans le sens de l’intérêt du pays; participer et engager les acteurs dans le processus du redressement du pays et renforcer la résistance aux tentatives (ou velléités) de partition du Mali.

 « Nous ne sommes pas contre un dialogue national, mais le problème est qu'il n'est pas inclusif ce dialogue, parce qu'il y a beaucoup de personnes dont on aurait pu demander les avis. Mais, elles n'ont pas été démarchées. Même si les derniers mots reviennent au président de la République parce qu'il est le chef de l'État, on aurait dû écouter et l'opposition et la société civile ensemble, avec la majorité, afin que chacun puisse donner son avis. Ce qui n'a pas été le cas », a déclaré Mme Sy Kadiatou Sow, présidente de la plateforme ANW Ko Mali et de l’ADEMA Association.

Ainsi, après des longues rencontres et des échanges d'idée, ces acteurs sont désormais ensemble afin de veiller efficacement sur le processus du Dialogue national. Pour se faire, la plateforme ANW Ko Mali met beaucoup de questions en exergue, car pour elle, la dénomination ‘’Dialogue national’’ soulève elle-même quelques questions telles que : ce dialogue ne crée-t-il pas une confusion chez le simple citoyen ? De quel dialogue s'agit-il ? Quel en sera le format ? De quoi le dialogue va-t-il débattre et pendant combien de temps ?

Les enjeux du dialogue politique inclusif

Pour les acteurs de la plateforme, trois enjeux majeurs sont reliés à ce dialogue national inclusif par son importance, son envergure et sa pertinence en rapport avec la crise généralisée que traverse le pays. Ces enjeux, cités par la plateforme, sont entre autres : l'obtention d'un consensus national sur la stratégie de sortie de crise; l'adoption de réformes institutionnelles consensuelles qui garantissent l'émergence d'institutions fortes capables de gérer de façon transparente les affaires du pays ; la résolution définitive de la crise multiforme et la stabilisation sécuritaire, économique et sociale du pays. En bref, la plateforme estime que le dialogue en question doit permettre au Mali de prendre un nouveau départ et d'être un espace qui permettra de dégager des perspectives solides de sortie de crise et de restauration de confiance entre les Maliens eux-mêmes et entre eux et l'État. Quant à la durée du dialogue, la plateforme ANW Ko Mali pense que la période nécessaire du processus serait de six à douze mois.

Amadou Kodio / Afrikinfos-mali