C’est le 28 juin 2019 que la Résolution 2480 renouvelant le mandat de la mission des Nations Unies au Mali jusqu’au 30 juin 2020 a été adoptée à l’unanimité, au Conseil de Sécurité par les quinze pays membres. Ce document précise que la seconde priorité stratégique de l’ONU, à travers la Minusma, concerne plus particulièrement le centre du pays. 

Mais pour la réussite de cette mission, notre pays est appelé à jouer un grand rôle. Il s’agit de tout faire pour redéployer l’Administration dans toutes les localités du centre dans le but de protéger les personnes et leurs biens. « La Mission doit en effet faciliter l’application d’une stratégie globale dirigée, sur le plan politique, par le Mali afin de protéger les civils, de réduire les violences intercommunautaires et de rétablir l’autorité et la présence de l’État, ainsi que les services sociaux de base dans le centre du pays », précise le texte.

Ce renouvellement de mandat intervient au moment où la force est jugée inerte par les populations maliennes, coûteuse et peu efficace par les États-Unis. Bien que les effectifs restent inchangés (au maximum 13 289 militaires et 1 920 policiers), la Minusma se dit prête à faire face à ses nouvelles missions, cette fois-ci au centre du pays. Ainsi, l’ONU engage la MINUSMA, à travers ce nouveau mandat, à aider les autorités nationales à atténuer les tensions intercommunautaires, à redéployer les Forces de défense et de sécurité maliennes, à assurer une protection efficace, dynamique et intégrée des civils et à lutter contre l’impunité.

Cette démarche est salutaire dans la mesure où elle consiste à protéger les civils et leurs biens dans des zones où l’Administration et l’Armée malienne sont absents. Mais le mieux pour notre pays serait de mener des actions coordonnées et concertées avec la force de la MINUSMA sur le terrain. Cela, dans l’intérêt des populations civiles.

Toutefois, l’ONU exhorte également les autorités nationales à s’employer sans tarder et de manière prioritaire, au titre du Cadre politique de gestion de la crise dans le centre du Mali, à élaborer et à mettre en œuvre une stratégie globale axée sur les aspects politiques visant à protéger les civils, à réduire les violences intercommunautaires et à rétablir la présence et l’autorité de l’État ainsi que les services sociaux de base dans le centre du Mali.

Elle exhorte également notre pays à désarmer sans délai toutes les milices, à renforcer l’action qu’elles mènent pour rétablir des relations pacifiques entre les communautés et à faire en sorte que tous les responsables de violations des droits de la personne, d’atteintes à ces droits et de violations du droit international humanitaire dans le centre du pays, aient à répondre de leurs actes et soient traduits devant la justice, et ce, dans les meilleurs délais.

C’est dire que malgré la présence de la MINUSMA, notre pays est, désormais, fortement appelé à accomplir sa part de responsabilité dans la résolution de cette crise qui sévit dans le centre, il y a plus de quatre ans.

Ousmane BALLO

Source: Ziré-Hebdo