C'est triste et douloureux le spectacle de certains jeunes qui gonflent les nombres des manifestants dans les rues de nos pays. Ils ont abandonné l'école à mi-chemin et attendent la chance dans un grin de thé. Parfois, ils sont avec l'opposition parce qu'ils ont l'esprit rebelle et se reconnaissent dans la logique de contradiction systématique des politiciens qui rejettent tout ce que fait le parti au pouvoir. D'autres fois, ces mêmes jeunes marchent pour le pouvoir parce que là, il y a des espèces sonnantes et trébuchantes...

Ces marionnettes ont un point commun : leur ignorance due à leur indifférence à la culture intellectuelle ; leur éloignement du livre, donc de la lecture qui est ce pain de l'esprit qui accroît la lumière de l'âme, même de celui qui n'est pas allé loin à l'école ; leur attachement viscéral aux réseaux sociaux où sévit une dangereuse épidémie de la crédulité qui conduit au SPIP (syndrome de la paresse intellectuelle prolongée).

Cette jeunesse demi-lettrée donc doublement dangereuse, qui comprend tous les mots à moitié dans le meilleur des cas, les politiciens en raffolent. Parce que ces derniers ont besoin d'électeurs joyeux dont le petit esprit inflammable crée des feux d'artifice face à la force des contorsions sémantiques du gourou qui connaît bien la psychologie de son bétail.

Contre ce danger qui perdure,il faut réagir en prenant au sérieux la question de l'éducation à la base. Personne ne voulant affûter le couteau qui peut l'égorger, nos dirigeants frileux et irascibles, allergiques aux contradictions intelligentes, ne se battront jamais pour faire des enfants du peuple de vraies étoiles brillantes. Chaque parent, quels que soient son niveau scolaire et sa condition sociale, devrait alors prendre conscience de cela et jouer un rôle important dans le suivi du parcours scolaire de ses enfants. En les motivant et en les encourageant à faire des recherches utiles sur Internet pour s'instruire, se construire, pour compléter ou agrémenter ce que l'école leur donne. Eduquer, c'est conduire, c'est canaliser, c'est orienter, mais éduquer, c'est aussi prévenir. Les gouvernants peuvent démissionner face aux charges de l'Etat, mais aucun parent ne devrait démissionner face à l'éducation de ses enfants. Pour éviter d'offrir à la rue des victimes, chairs à canon qui tombent sous les balles de pouvoirs paranoïaques, parce qu'ils sont allés marcher sans savoir pourquoi ils devaient marcher. Même cinquante millions de francs pour sécher des larmes ne ressusciteront jamais un mort ! À bon entendeur...

MINGA S. Siddick