Une rencontre a regroupé les gouverneurs, les autorités intérimaires et membres des collèges transitoires des régions du nord autour du ministre de l’Administration territoriale pour des échanges sur la problématique de relance des services sociaux de base de leurs localités respectives. C’était le 21 juin 2019, au CFCT, sur la route de Kati.  

Initiée par le gouvernement, à travers le ministère de l’Administration territoriale et de la décentralisation, il s’agissait, à travers cette rencontre, d’échanger avec les gouverneurs, les autorités intérimaires et les membres des collèges transitoires des régions nord du Mali sur les difficultés rencontrées dans l’exercice de leurs missions.

Au cours de cette rencontre, il était question pour les représentants de l’État, les autorités intérimaires et membres des collèges transitoires des régions nord du Mali et le ministre de l’Administration territoriale de trouver des voies et moyens pour relancer les services sociaux de base.

À l’ouverture des travaux, le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Boubacar Alpha BAH, a indiqué que le gouvernement avait décidé d’assumer ses responsabilités pour l’accès des citoyens des régions concernées aux services de base. Pour ce faire, il faudrait que les problèmes soient posés et priorisés de la même manière que nous devons prioriser les éléments de solutions.

Parmi les difficultés soulignées par les participants à cette rencontre, l’on note l’absence ou la collaboration timide avec les représentants de l’État ; le manque d’établissements financiers.

Dans une déclaration commune lue par leur porte-parole, le Dr Lalla Mint MOHAMED, vice-présidente du collège transitoire de Almoustarat, rappelle que cela fait plus de 11 mois qu’elles sont installées sans jamais parvenir à travailler véritablement.

Parmi les difficultés rencontrées, le Dr Lalla Mint MOHAMED a évoqué : le manque d’outils programme ou plan d’actions de développement ; l’incohérence et le manque d’équité dans les interventions des partenaires au développement.Elle a aussi déploré la froideur de leur collaboration avec les représentants de l’État ; le besoin de personnel pour le fonctionnement des collectivités et le renforcement de leurs capacités.Par ailleurs, l’absence de ressources financières et logistiques pour remplir les missions assignées ; l’absence d’accompagnement de nos initiatives de développement de nos collectivités font partie des goulots d’étranglement.

Selon elle, dans les zones éloignées de notre pays où vivent des populations vulnérables, les populations fondent un espoir sur le succès des dispositions pertinentes, notamment les autorités intérimaires pour gérer les urgences en prélude à l’application de l’accord.

« Dans ces moments difficiles pour notre pays où tout est urgent, où nous sommes l’État dans nos zones, nos populations comptent sur notre leadership dans tous les domaines pour se reconstruire, pour se développer », a-t-elle dit.

C’est pourquoi, elle a invité le Gouvernement à redoubler d’attention particulière aux recommandations issues de ces travaux. Il s’agit principalement des mesures d’accompagnement politiques, socio-économiques et sécuritaires afin d’assurer le fonctionnement effectif des autorités intérimaires et des collèges transitoires en les dotant de moyens financiers et matériels, notamment en vue de la fourniture des services sociaux de base (éducation ; santé ; eau).

Elle a aussi préconisé le renforcement des missions de sensibilisation pour le retour à la paix, la cohésion sociale, et de leur participation à la vie de la nation. Il s’agit aussi de mobiliser les partenaires au développement, à l’accélération de la mise en œuvre de la zone spécifique de développement des régions du nord ou à la mise en place d’une stratégie spéciale d’opérationnalisation effective des autorités intérimaires dans nos missions ; l’amélioration des conditions de travail et la prise en charge du personnel et des membres des AI et CT ; du retour des services financiers locaux.

À l’issue de cette rencontre, les représentants des autorités intérimaires et des collèges transitoires vont élaborer un cahier de doléances qui sera transmis au Premier ministre.

Abdoulaye OUATTARA /Afrikinfos-Mali