La Coalition Nationale, Campagne Internationale pour l'Eau Potable et l'Assainissement (CN-CIEPA/Wash) a effectué, ce 13 juin 2019, une visite de contrôle sur deux sites majeurs pour le traitement des boues de vidanges en cours de réalisation. Il s'agit du site de la forêt classée de Tienfala et celui de Sabalibougou-Courani, situé à la rive droite du District de Bamako.

Cette visite a eu lieu en présence de Mme Sangaré Asitan Sidibé, Directeur de  l'Agence Nationale de Gestion des Stations d'Épurations du Mali (l'ANGSEM), un service technique rattaché au Ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable. L’objectif de cette sortie, selon la CN-CIEPA, consiste à mobiliser tous les acteurs du domaine autours de l'assainissement et des nouveaux sites de vidanges en cours de réalisation à Tienfala et à Sabalibougou-Courani. Il s’agit également, pour la CN-CIEPA, d’exprimer son engagement auprès des services techniques de l'État chargés du domaine et d’inviter le gouvernement à sécuriser les sites déjà identifié le plus rapidement possible.

Toutefois, cette visite vise également à assurer la veille citoyenne non seulement autour desdits sites, mais aussi et surtout à les sécuriser. Ainsi, ces sites choisis pour le traitement des boues de vidanges serviront à accueillir les déchets (boues de vidanges) des deux rives de Bamako. « Il faut que ces sites soient réalisés, car la ville de Bamako en a besoin. Nous demandons au gouvernement de les sécuriser parce que plusieurs fois, des sites ont été choisis sans succès et il est temps que nous prenions leçons de cela », a déclaré Dounatié Dao, président de la CN-CIEPA.

 Éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets !

Selon les techniciens de l'Agence Nationale de Gestion des Stations d'Épurations du Mali (ANGSEM), ces deux sites sont capables de répondre aux besoins réels de Bamako en matière de traitement des boues de vidanges. Le 1er  site de la forêt classée de Tienfala est de 25 hectares capables d'accueillir une grande quantité de déchets et le second est bien placé selon sa position géographique dans la zone de Sabalibougou-Courani.

« Parmi les critères de choix, il n’y a la situation géographique quant au site de Sabalibougou-Courani, par rapport à la ville de Bamako et aux quartiers de la rive droite de Bamako ; la possibilité de réception des eaux usées de façon gravitaire et la possibilité d'utiliser (consommer) les eaux usées après traitement… Ensuite quant au site de Tienfala, nous l'avons choisi sur instruction du gouvernement au bord de la route Koulikoro-Bamako afin que les eaux usées puissent arroser la forêt classée de Tienfala. Ces deux sites doivent, à priori, recevoir environs 300 m3 de boues de vidanges par jour sur chaque rive », a déclaré Idrissa Maïga, technicien à l'ANGSEM.

Des problèmes fonciers! 

Pour Mme Sangaré Asitan Sidibé, Directrice de l'Agence Nationale de Gestion des Stations d'Epurations du Mali (ANGSEM), les sites sont plus où moins confrontés aux problèmes fonciers. « Je crois qu'il est temps que chaque acteur prenne à bras-le-corps ce sujet qui nécessite l'engagement de tous, qu'on soit gouvernant, gouverné, acteur de la société civile, journaliste etc. Il faut qu'on unisse nos efforts afin de réussir cette mission  et venir à bout les prédateurs fonciers qui empêchent chaque fois la réalisation desdits sites. J'en appelle donc à la vigilance de tout un chacun afin que ces sites puissent voir le jour », a-t-elle ajouté.

Pour maintenir davantage la pression, la Coalition Nationale, Campagne Internationale pour l'Eau Potable et de l'Assainissement (CN-CIEPA/Wash) compte organiser des séries d'activités tel qu'un point de presse pour informer l'opinion nationale de l'importance des deux sites, mais aussi pour mener des sensibilisations autour des dangers qui les guettent à travers les actions malveillantes des spéculateurs fonciers.

Amadou Kodio /Afrikinfos-Mali