L'émotion est toujours vive dans le village de Sobane, situé dans la commune rurale de Sangha, dans le centre du Mali, où un massacre a duré plusieurs heures entre dimanche et lundi matin. Des corps ont été inhumés lundi après-midi, alors que de nombreuses autres personnes sont portées disparues. Le point sur la situation.

Dans l’après-midi de ce lundi, dans le village de Sobane, les victimes de l’attaque meurtrière ont été inhumées. Du monde sur les lieux, notamment des élus, des parents de personnes décédées, ainsi que le gouverneur de la région de Mopti. Sidy Alassane Touré estime qu’il y a beaucoup moins que 95 morts, alors que de leur côté des élus maintiennent les premiers chiffres avancés.

Après l’enterrement, un détachement de l’armée malienne est resté sur les lieux pour renforcer la sécurité. Outre les victimes, il y a des blessés. L’un d’eux a apporté des précisions. L’attaque aurait commencé dimanche vers 17 heures, pour prendre fin lundi vers 3 heures du matin.

Les assaillants étaient nombreux, plusieurs dizaines. Certains à pied, d’autres à motos. À leur arrivée sur place, les autochtones ont pris peur et se sont réfugiés dans des cases. Alors, les assaillants ont fait usage d’armes (certaines étaient automatiques), avant de mettre feu à de nombreuses cases avec à l’intérieur des civils. Le massacre n’a pas encore été revendiqué, et à côté des victimes, de nombreux autres habitants du village qui abrite environ 300 personnes sont toujours portés disparus.

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Des élus interpellent l’État

Face à la situation, plusieurs élus du Centre sont inquiets. Ils demandent qu’on évite les amalgames, et à l’État de prendre ses responsabilités.

La situation sécuritaire se dégrade dans le centre du Mali, et quand il s’agit de nommer les auteurs des atrocités commises dans le hameau de Sobane, plusieurs élus sont prudents, comme le député de la localité de Bandiagara, situé dans le centre. « Je ne peux pas exactement qui a fait cela », dit  Bokari Sangara.

Pour lui comme pour d’autres, les problèmes de terres, d’accès à l’eau, aux pâturages entre populations dogons et peuls sont connus, mais ces deux communautés ne sont pas des ennemis. « Il n’y a réellement pas de problèmes peuls dogons. Il faut faire attention à l’amalgame qui est en train de se poser sur le terrain », poursuit Bokari Sangara.

Mais entre les dogons et les peuls, il y a les jihadistes, et on retrouve des jihadistes peuls et des jihadistes dogons, des bandes armées qui écument la région, et ça pose problème. C’est pourquoi le député élu de Bandiagara demande à l’État malien de renforcer sur place sa présence. Et pour bien faire savoir qu’ils ne sont pas contents, des députés vont convoquer avant la fin de cette semaine des membres du gouvernement malien.

Source : RFI