La communauté musulmane s’apprête à célébrer, la semaine prochaine, la fête de l’Aïd El Fitr (le Ramadan). Considéré comme la fête des bœufs, le Ramadan s’annonce dans un moment financièrement difficile. Le 22 mai 2019, pour constater la disponibilité de ces ruminants sur le marché, une équipe de notre rédaction a fait un tour au Parc des troupeaux de Faladiè en Commune VI du District de Bamako. Reportage !

Il est 10 heures 40 minutes. Nous sommes au Parc des troupeaux de Faladiè. Les bœufs sont déjà là et l’heure n’est pas encore aux achats, mais plutôt à leur entretien et à la fixation de leurs prix. Pour l’instant, on note la stabilité des prix comparativement à ceux de l’année dernière à la même période. Actuellement donc, les bœufs sont cédés à un prix allant de 325.000 à 450.000 francs CFA. Allons-nous rester dans cette fourchette ? Rien n’est, pour le moment, certain. C’est certainement dans la dernière semaine du mois de ramadan que tout pourra se décider.

Selon Mamadou Diakité, vendeur de bœufs au parc de Faladiè, le bétail n'est pas encore en grand nombre sur les marchés comme l’année dernière. « L’an passé, au même moment, il y avait déjà suffisamment de têtes sur le marché », a-t-il précisé. Pour lui, il y a une seule explication à donner à ce niveau : le manque de fonds de commerce et le manque d'entretien des animaux transportés à Bamako pour vente. «Même si l’on a de l’argent pour acheter des aliments, l’accès aux tourteaux reste difficile. Parce que cet aliment, riche pour les bœufs, devient de plus en plus rare et du coup il devient plus cher », a-t-il ajouté.

Toutefois, Mamadou Diakité note qu’il n’y a pas assez de problèmes en ce qui concerne les transports des bœufs, parce qu’ils proviennent de l’intérieur du pays. « Pour mon cas, mes bœufs proviennent plus précisément de Niono et de Nioro du Sahel. Ce qui fait que le prix du transport se discute au niveau du chargement des camions. Hormis cela, il n’ya pas d’autres tracasseries douanières ou d’autres règlements routiers», a-t-il souligné.

En ce qui concerne les prix de vente des bœufs, Mamadou Diakité pense qu’il n’y a pas assez de différence par rapport à l’année passée. «Cette année, le prix des bœufs varie entre 325.000 et 450.000 francs CFA. C’est à peu près le même prix que l’année dernière», a-t-il ajouté.

Quant à Boubacar Dembélé, vendeur de bœufs dans le même parc de Faladiè, il a témoigné que les commerçants de bœufs de la région de Mopti sont confrontés à des problèmes de sécurité dus aux conflits armés. Après avoir rappelé que certains de ses bœufs proviennent de la Mauritanie et d’autres de l’intérieur du Mali, comme Bougouni, Niono et Nioro du Sahel, Boubacar Dembélé a précisé : « Cette année à cause de l’insécurité, l’acheminement des bœufs à Bamako se fait par des camions qui coûtent plus de 450000 F CFA le chargement.»

Selon Boubacar Dembélé, ces aspects, en plus de la rareté des aliments de première nécessité pour le bétail, peuvent rendre plus cher les bœufs sur les marchés à l’approche de la fête du ramadan. Toutefois pour l’heure, le constat est clair : la vente du bétail n’a pas encore véritablement démarré.

Fatoumata Dicko Diako

Source: Ziré-Hebdo