Le gouvernement malien devrait explorer « la possibilité de discussions avec les extrémistes » dans le Centre du pays. La proposition est de l’ONG « Crisis Group » dans son dernier rapport publié ce mardi. Selon le document, les autorités maliennes devraient donner aux religieux maliens, le pouvoir d'explorer les pourparlers initiaux avec ses dirigeants. Cela, « compte tenu des perspectives lointaines de victoire militaire sur la Katiba Macina ». Une démarche qui pourrait éviter des dommages supplémentaires aux civils et lutter contre la recrudescence des conflits intercommunautaires, préconise le rapport.

Selon ce nouveau rapport de l'International Crisis Group (ICG), les opérations militaires visant à vaincre l'insurrection jihadiste de la Katiba du Macina, dans le centre du Mali, ont abouti à une impasse. On lit notamment dans le rapport que « la violence et les opérations militaires contre la Katiba Macina ont élargi les clivages préexistants entre groupes ethniques, poussant les milices d’autodéfense à proliférer et provoquant des affrontements intercommunautaires qui font désormais plus de morts au Centre ».

Dans cette optique, « les autorités maliennes devraient donner aux chefs religieux le pouvoir d'explorer les pourparlers initiaux avec les dirigeants des groupes jihadistes, tout en recherchant un dialogue élargi entre les Maliens au Centre », propose l’organisation. ICG explique également que des élites maliennes, des érudits musulmans, ainsi que des organisations de droits humains et des associations ont déjà exprimé ce besoin afin de trouver des compromis avec les groupes extrémistes.

Toutefois, des défis énormes font obstacle à un tel dialogue, prévient le rapport en indiquant que le Mali et les leaders djihadistes rejettent d’avance l’idée. Les communautés du Centre du Mali qui ont souffert des violences causées par ces groupes résisteraient probablement aux négociations, avance ajoute aussi le document.

Pour certains observateurs « le Mali ne doit pas s’interdire de discuter avec les groupes djihadistes ». Mais au préalable, les autorités doivent déterminer les termes et engagements de cette discussion. Pour Mamadou Diouara, il serait dangereux d’entreprendre une quelconque démarche dans ce sens, sans convenir de certains points, notamment la question relative aux crimes commis par ses groupes terroristes.

Source : Studio Tamani