Les attaques terroristes continuent de se multiplier dans la région de Mopti, cela malgré le départ de l'ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga et de son gouvernement jugés inefficaces quant à la gestion de cette crise. La semaine dernière encore deux attaques meurtrières ont été commises dans la région de Mopti faisant plus de 20 morts dans des villages dogon.

Deux attaques ont été enregistrées dans les deux dernières semaines dans la région de Mopti.  La première a eu lieu le lundi 29 avril 2019 sur l'axe Douna-pen / Niangassadiou dans la commune rurale de Dioungani (cercle de Koro) où cinq jeunes dogons escortant une équipe de vaccination dont quatre du seul village de Douna-pen, ont trouvé la mort. Quarante-huit heures après, une deuxième attaque a eu lieu, cette fois à Tiguila, dans la commune rurale de Mondoro, cercle de Douentza, causant la mort de douze jeunes dogons.

De même, le mercredi 1er mai 2019, une attaque terroriste a visé les forces armées et de sécurité du Mali entre Tiguila et Mondoro. Selon les sources locales, nos forces armées quittaient Sévaré avec les dotations pour leurs frères d'armes basés à Mondoro. C'est au moment de leur passage vers Tiguila, un village de la commune de Mondoro que leur véhicule a sauté sur une mine. Alerté, le village de Tiguila a envoyé des jeunes en renfort pour soutenir les soldats.

C'est après avoir secouru les forces armées maliennes que les jeunes du village ont été attaqués à leur retour à quelques kilomètres de la première attaque. Sur treize (13) jeunes partis pour l'opération, un seul a survécu. Les corps des douze autres personnes sont restés introuvables. C'est ainsi que six autres jeunes se sont engagés à aller à la recherche des corps des disparus. Ces  derniers ont été également assassinés par les assaillants. Ce qui fait au total un bilan de 23 morts et plusieurs blessés en espace de deux semaines entre Koro et Douentza

Ce qu'il faut savoir, c’est que ces multiples attaques sont presque de même nature, orchestrée, par des groupes armés qui ont les mêmes modes d’opération. Le 4 mai 2019, un élu communal a manifesté sa colère lors du lancement de la campagne de collecte de fonds à la Maison de la Presse. « L'absence du gouvernement ne peut justifier des attaques comme ça sans que personne n'en parle. On a entendu tout le bruit autour de l'attaque d'Ogossagou. Mais si ce sont des dogons qui sont assassinés, pourquoi personne n'en parle ? », a-t-il déclaré.

Amadou Basso

Source : Ziré-Hebdo