Au Mali, une attaque a eu lieu ce lundi 29 avril 2019 dans la commune rurale de Dioungani, cercle de Koro (Région de Mopti) faisant cinq morts, dont 4 dans le village de Douna-pen. L'attaque visait une équipe de vaccination qui était escortée par les chasseurs de la localité.  

C'est un début de semaine dramatique pour  la commune rurale de Dioungani dans le cercle de Koro, région de Mopti au centre du Mali. Une équipe de vaccination a été attaquée entre Niangasadiou et Douna-pen par plus d'une centaine d'hommes armés à bord de 3 tricycles et d’environ 60 motos. Cinq chasseurs d'auto-défense qui escortaient cette équipe médicale ont trouvé la mort.  Selon les sources locales, ce sont les chasseurs de Niangassadiou, qui escortaient l'agent de la santé et des bénévoles qu'ils avaient fait venir de Douna le matin pour vacciner les enfants dudit village contre la rougeole.

L’attaque a eu lieu au moment où l'infirmier était de retour après la vaccination des enfants. « C'est très triste ce qui s'est passé. L'équipe médicale venait juste pour soigner nos enfants. C'est l'État qui aurait dû assurer la protection des agents de santé, il ne le fait pas et quand nous on intervient au prix de notre vie, on nous accuse de milice et de tout. Ça ne peut pas se passer comme ça », nous a confié un rescapé de l'attaque depuis Douna-pen.

Aujourd'hui, toute la commune est sous le choc. Chez les populations, c'est un sentiment d'amertume qui se dégage vis-à-vis des autorités nationales. Ce mardi (30 avril 2019), le groupe Da Na Ambassagou a fait un communiqué dans lequel il précise : « Les chasseurs ont réussi à sauver l'infirmier et ses bénévoles, mais le bilan est que nos vaillants chasseurs ont perdu 5 hommes dont 4 sont de Douna venus en renfort pour soutenir le combat. Hommage à ses braves chasseurs qui méritent une attention particulière des autorités pour service rendu à  la nation. Les assaillants et meurtriers vivent dans un lieu connu que nous avons signalé aux FAMAS. Mais, ils restent impunis et se livrent aux exactions de tout genre (attaques, pillages, vols, fabrication et poses de mines etc...). En cette période cruciale de l'hivernage, les populations du Pays Dogon sont assiégées et ne peuvent pas aller au champ à fortiori aux foires hebdomadaires ».

Amadou Kodio / Afrikinfos-Mali