La spirale de violences se poursuit au Centre et au Nord du pays. Cette semaine, plusieurs attaques ont été perpétrées contre des localités différentes. Ces attaques ont fait au moins trois morts, de nombreux blessés et des dégâts matériels importants. Une recrudescence de l’insécurité marquée par le déplacement massif des populations civiles vers d’autres localités. A Bamako, des députés tapent du poing sur la table et exigent la démission du gouvernement.

La dernière attaque en date est celle survenue ce mercredi à Kidal. Des tirs à la roquette ont visé le camp de la Minusma dans cette région. Un premier bilan donné par la Mission fait état d'un casque bleu blessé.

Dans la même journée, et en début de soirée des hommes armés ont attaqué trois villages du cercle de Badiangara, dans le centre du pays. Ils s'en sont pris d’abord aux habitants de Tégourou situé à 9 km de la ville de Badiangara. Selon des sources locales, le bilan est d'un mort, des greniers et des habitations brûlés. Les assaillants se seraient ensuite rendus à Ogosso et Diombolo où de nombreux dégâts ont été également enregistrés. Après leur forfait les assaillants auraient croisé un autre groupe armé avec lequel il y a eu des affrontements. Et selon un témoin, l’accrochage aurait fait plusieurs morts.

Toujours dans le Centre du pays, en début de semaine, deux attaques successives à l’engin explosif improvisé ont ciblé des forains dans le cercle de Koro. Bilan, deux morts et un blessé.

Le lundi dernier dans la région de Ségou, des hommes armés non identifiés aussi ont attaqué le village de Tassilima dans le cercle de Tominian. Au cours de cette attaque, quatre assaillants ont été tués. Selon un témoin, l’attaque visait le chef des chasseurs du village.

Ces attaques se multiplient dans ces localités malgré les nombreuses dispositions prisent par les autorités pour la sécurisation des personnes et de leur bien. Face à la dégradation de la situation sécuritaire, les députés ont interpellé le gouvernement mercredi dernier à l’Assemblée nationale. Les élus de la Nation mettent en cause la capacité du gouvernement à faire face à l’insécurité. Selon eux, « le gouvernement a échoué et doit par conséquent  démissionner ».

Cette recrudescence de l’insécurité a donc provoqué le déplacement massif de plusieurs populations vers d’autres localités. Elles craignent d’éventuelles nouvelles attaques. Selon des sources locales, plus de 700 personnes venue de Tinabarbar; Tintigmatène et Amalawlaw ont rejoint le week-end dernier Tinhama, dans la région de Gao.

Ces attaques interviennent au Mali au moment où le Burkina Faso voisin doit aussi faire face à la menace djihadiste. A la frontière avec le Mali, au moins 62 personnes ont été tuées lors d'une série d'attaques djihadistes. Ces attaques qui ont eu lieu dimanche dans la commune d’Arbinda, ont été suivies par d’affrontements inter-communautaires.

Source : Studio Tamani