Ce 4 avril 2019, à l’issue d’une marche contre l’insécurité au Centre du pays, les jeunes des cercles de Bankass, Koro, Douentza et Bandiangara ont remis une déclaration commune aux autorités administratives desdits cercles. Nous vous proposons l’intégralité de ladite déclaration.

Opinion nationale et internationale.

Aujourd’hui, 04 Avril 2019, nous, jeunes du Pays Dogon, sortons en masse et de façon synchronisée à Bandiagara, à Bankass, à Douentza et à Koro afin de crier haut et fort notre ras-le-bol contre l’insécurité, les violences, les amalgames, ainsi que les stigmatisations qui sont devenues depuis 2012 notre apanage quotidien.

Le Pays Dogon est meurtri par les assassinats et les destructions de ses villages. Le Pays Dogon est dépouillé de ses réserves alimentaires. Le Pays Dogon est devenu méconnaissable à cause de ces lots de morts, de blessés, de disparus et de dégâts matériels importants. Le Pays Dogon est emprisonné dans la violence depuis 3 ans.

En un mot, le Pays Dogon est au bord du gouffre.

Ça suffit et réellement çà suffit

Chers populations du Pays Dogon, toutes ethnies confondues, réclamons en ce jour et en ce lieu précis, notre droit à la vie, à la sécurité, à la protection de tous et surtout à la paix et au développement. Impliquons-nous davantage dans la recherche de la paix et inscrivons-nous sur la véritable voie de la réconciliation. Ouvrons nos cœurs et dialoguons car nul autre ne viendra le faire à notre place. La paix, c’est nous qui la réussirons.

Chers autorités du Mali, comprenez nos souffrances et libérez nous de cette vague de violence inouïe venue d’ailleurs et qui empoisonne notre «vivre ensemble». C’est un cri de cœur.

Chers autorités du Mali, prenez toutes les dispositions utiles afin que le Pays Dogon ne tombe plus bas que ce que nous venons de vivre ces dernières semaines à Bandiagara, à Bankass à Douentza et à Koro.

La jeunesse du Pays Dogon demande à l’Etat de :

  • accélérer son retour dans toutes localités du pays dogon afin d’assumer ses responsabilités régaliennes et exclusives ;
  • renforcer et rendre plus opérationnel les forces de sécurité présentes dans la zone afin de mettre à l’abri nos champs, nos greniers, nos pâturages, nos puits et nos villages ;
  • apporter une réelle assistance humanitaire aux déplacés ;
  • anticiper la crise alimentaire qui naitra de l’impossibilité pour les paysans de cultiver lors de l’hivernage prochain.

Vive le Pays Dogon, Vive la région de Mopti et Vive le Mali !