En plus des perturbations du processus de la paix à travers des actes indisciplinés au sein du Comité de Suivi de l’Accord (CSA), les groupes armés signataires de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation se trouvent aussi impliqués dans des sales affaires au centre comme au nord du pays. Du moins, c’est ce que révèle le dernier rapport de l’ONU sur notre pays.

Il y a juste une semaine que ce rapport de l’ONU a dévoilé que la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA) est un partenaire sûr du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) dans notre Mali. Le rapport poursuit en précisant que la même CMA, à Foïta dans la région de Tombouctou, aide directement ce groupe terroriste dirigé par Iyad Ag Ghali dans la formation et le recrutement des nouveaux combattants. Aussi, il ressort du document que cette base de Foïta a apporté un soutien aux terroristes pour attaquer les positions de l’armée malienne à Nampala, à Dioura, à Soumpi…

Ce comportement venant d’un membre signataire de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation doit interpeler tout le monde y compris la médiation internationale. D’autant plus cette attitude jure avec le principe dudit accord. Pire, en plus du soutien aux groupes terroristes, le rapport reproche aussi à la CMA d’être impliquée dans le trafic de drogue dans nord du pays en complicité avec la Plateforme des groupes armés. Le document affirme que le rapprochement entre la CMA, le MAA-Plateforme et le GATIA-CMA sert à la coordination du mouvement des drogues entre les régions de Gao et de Kidal.

Cette situation ne rassure pas et ne saurait nous ramener à la paix et à la stabilité. Dans la mesure où ces groupes armés qui sont sensés appuyer les forces armées maliennes à combattre les terroristes au sein de l’armée malienne reconstituée, sont eux-mêmes des terroristes. Une situation qui va toujours tourner en défaveur de notre armée.

Le pire, c’est que cela se passe devant les forces Barkhane et la Minusma qui semblent être sourdes et muettes ou alors elles n’en font pas leurs affaires. De même, les sanctions du Conseil de Sécurité de l’ONUcontre certains responsables de ces mêmes groupes, n’ont jamais été effectives,notamment l’interdiction de voyager contre des personnes reconnues d’actes terroristes et de banditisme.

Face à ce constat, le gouvernement du Mali, qui n’a visiblement aucune maîtrise du terrain, a trouvé l’armée reconstituée comme le seul moyen pour pouvoir marquer sa présence dans ces différences localités concernées, même si les avis se trouvent toujours partagés sur la réussite de cette mission. 

Ousmane BALLO

Source : Ziré