Ce 3 avril 2019, au cours d’une interpellation à l’Assemblée Nationale du Mali par les Députés, le ministre de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile, Gal. Salif Traoré, a déclaré que plus de 150 militaires maliens et étrangers ainsi qu’au moins  440 civils ont trouvé la mort ces 3 derniers mois dans le pays.

Ce sont le ministre de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile, Gal. Salif Traoré et son collègue du Travail et de la Fonction Publique, Mme Diarra Racky Talla, qui représentaient le gouvernement du Mali, interpelé par l’Assemblée Nationale sur la situation sécuritaire du pays. Dans son intervention au nom du Chef du Gouvernement, Salif Traoré a rappelé : « Ce que le pays traverse est sérieux. Nous sommes en guerre et on est conscient de cela. Il va falloir seulement du temps. Ce qui est sûr, ce n’est pas à 5 ans qu’il faut refaire une armée.»

Selon le ministre de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile, l'ennemi actuel est de taille. « Il ne faut pas non plus sous-estimer l'ennemi en face de nous. Nous avons déjà perdu plus de 150 militaires maliens et étrangers et  plus de 440 civils dans ces 3 derniers mois », a-t-il ajouté. Toutefois pour gagner la guerre, Salif Traoré demande l'accompagnement de tous.

Parlant des conflits intercommunautaires, le représentant du Premier ministre appelle les citoyens à balayer toute idée qui tende à démontrer que tous les peuls sont des terroristes ou alors tous les Dogons sont des bandits. S’agissant de la sécurisation des personnes et leurs biens, Salif Traoré a souligné : « Aujourd’hui, plus de 15 milles hommes sont déployées sur les théâtres des opérations sur l’ensemble du territoire national. »

La question de la dissolution de la milice Da Na Ambassagou visant à soupçonner son implication au drame de Ogossagou le 23 mars dernier, n’a pas été non plus occultée des débats. Sur le sujet, le ministre de la Sécurité Intérieure a précisé : « Il s'agit juste du retrait du récépissé à l’Association Da Na Ambassagou. Soyons clairs là-dessus, aucun membre du gouvernement n'a accusé les membres de la milice Da Na Ambassagou d’être  les auteurs de cette attaque. Les enquêtes sont en cours et les résultats nous permettront de pointer du doigt les vrais coupables. Pour le moment, on a que des suspects. Une chose est sûre, des mesures sont en train d’être prises pour désarmer toutes les milices qui sont sur le terrain. Le gouvernement n'a armé aucune milice et il n’entend pas sous-traiter sa sécurité.»

Après avoir rappelé que le Mali est un vaste pays, Salif Traoré a ajouté qu’il faut du temps pour former des éléments et les déployer sur le terrain pour sécuriser efficacement les personnes et leurs biens. « Mais, il faut comprendre également que toutes les solutions ne sont pas forcément militaires. Nous avons demandé aux Nations Unies de faire en sorte que le prochain mandat de la Minusma soit plus robuste. Enfin avec les partenaires, nous allons continuer à travailler ensemble. Mais, nous sommes conscients que c’est nous qui devons faire le principal travail », a-t-il fait savoir.

Ousmane BALLO / Afrikinfos-Mali