L’association des ex-partenaires de Orange-money a animé une conférence de presse la semaine dernière à la Maison de la Presse. L’objet de cette rencontre, animée par le président de ladite association, Abdoulaye Sissoko, était d’expliquer aux hommes de médias, le contentieux qui oppose ses membres à Orange, à travers son service Orange-Money.

Une somme de 600 millions francs CFA, c’est ce que Orange-Mali doit aux ex-masters d’orange-money, suite au verdict du tribunal de commerce de Bamako qui a statué sur le contentieux opposant ces deux parties. Mais, force est de constater que le deuxième opérateur de téléphonie mobile au Mali refuse de payer ces dus, parce qu’il tiendrait la justice par le chéquier et les forces de l’ordre par le cordon de la bourse.

Selon le conférencier, tout est parti de 2010 avec Orange-money, un nouveau service de Orange. Pour son implantation à l’intérieur du pays, Orange a sollicité et obtenu les services de ces masters. « Au début, Orange a consulté ce qui faisait les transferts de crédit et d’argent pour qu’ils deviennent des masters. En ce moment, il n’y avait pas de conditions. À part la puce et la plateforme que Orange donnait, c’est le master qui gérait tout le reste sur fonds propre, y compris le salaire des agents Orange-money », a expliqué Abdoulaye Sissoko.

Et Mamadou Dibassy, membre de l’association, de poursuivre : « Il a fallu qu’on s’endette au niveau des banques, et même auprès des parents pour pouvoir financer le circuit. »Aux dires des responsables de l’association, c’est un travail colossal qui a été abattu par ces masters pour que Orange-money soit un succès aujourd’hui. Pendant tout ce temps, ces Masters ne gagnaient que des pourcentages sur les frais de transaction. A leur grande surprise, Orange décide de résilier leur contrat au profit des avenants. Le hic, selon eux, est que la société a non seulement résilié les contrats, mais elle a aussi transféré leur différents points de vente au compte des nouveaux masters venus de nulle part pour la seule raison qu’eux, ils n’atteignent plus les résultats escomptés en termes de chiffres d’affaires.

Selon Mme Nana Fomba, membre de l’association et une dame vivant avec handicap physique, suite à l’annonce de la mauvaise nouvelle relative à la résiliation de leur contrat par Orange, ils ont entamé plusieurs négociations sans succès. « En plus de mon handicap physique, j’étais hospitalisée à l’hôpital du Mali quand la nouvelle tombait. J’ai dit à mes enfants de m’amener à l’association des handicapés pour qu’elle plaide à notre faveur au niveau de Orange. Mais, nos cris de détresse sont tombés dans des oreilles de sourd. Car, jusqu’à preuve de contraire, Orange n’a jamais accepté de revenir sur sa décision », a-t-elle déclaré les larmes aux yeux.

Face à cette situation, les conférenciers affirment que les maters ont jugé nécessaire d’assigner Orange au tribunal de commerce de Bamako qui a tranché en leur faveur et ordonné à ladite société de payer la somme de 600 millions de francs CFA aux ex-partenaires en guise de dédommagement. Aux dires des conférenciers, Orange, se sentant dos au mur, a fait recours à la cour d’Appel de Bamako qui à son tour a annulé la décision du tribunal de commerce. C’est là où les ex-partenaires dénoncent l’injustice sociale et sollicitent l’implication des plus hautes autorités afin qu’ils soient mis dans leurs droits. « Dans le même pays ou encore mieux, dans le système judiciaire, comment peut-on avoir deux verdicts différents ? », se sont-ils interrogés.

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Source : Ziré