Dans un meeting le 29 février 2020 au Palais de la Culture Amadou Hampaté Bah, l’Imam Mahmoud Dicko, ancien président du Haut Conseil Islamique et leader de la Coordination des Mouvements, Associations et Sympathisants de Mahmoud Dicko (CMAS), donne un ultimatum aux autorités nationales pour dire la vérité au peuple sur la situation actuelle du pays. Aux djihadistes, l’Imam lance le même ultimatum pour observer une trêve dans le but d’amorcer le dialogue annoncé par le président de la République.   

Cette sortie de l’Imam Mahmoud Dicko consiste tout simplement à mettre la pression derrière le gouvernement qui s’est déjà mis dans la logique de négocier avec les chefs jihadistes. C’est aussi une menace verbale à l’endroit de ces jihadistes qui se sont faits maîtres du terrain à travers des attaques meurtrières contre les civils, les forces armées nationales et étrangères. Certes, Dicko pourra jouer un rôle important dans ce processus de dialogue grâce à ses contacts avec Iyad Ag Ghali, mais sa façon de faire permettra difficilement d’aboutir à un résultat positif.

Ce qui revient à dire que l’Imam a agit avec son cœur. « Trop de sang versé. Trop de morts, trop de déplacés. Le Mali a assez souffert comme ça. C’est pourquoi, je lance un appel à Iyad Ag Ghali et à Amadou Koufa pour observer une trêve d’ici ce vendredi 6 mars 2020. A défaut, c’est le peuple du Mali qui va se dresser de Kidirajusqu’à Kidal », a-t-il martelé. C’est une déclaration qui ne vaut plus la peine aujourd’hui dans la mesure où le gouvernement a décidé de poser la balle à terre pour l’intérêt du peuple malien.

Malheureusement, au lendemain de cette déclaration, 1er mars 2020, aux environs de 22 heures, un check-point de l’armée malienne a été attaqué à Mondoro, dans le cercle de Douentza, région de Mopti. Le bilan de cette attaque fait état de six de nos soldats tués et  dix autres blessés, ainsi que des engins militaires endommagés.

Au cours du même meeting, l’Imam va encore plus loin jusqu’à lancer des menaces au gouvernement en ces termes : « Queles dirigeants nous disent la vérité sur la situation du pays avant le vendredi prochain. A partir de ce vendredi, le peuple malien prendra son destin en main. Les Maliens comptent 20 millions habitants, si nous nous levons tous, les morts vont mourir et les vivants vont continuer de vivre. Barkhane a fait ceci, la Minusma a dit cela et IBK a fait ça, non ! C’est parce que nous ne sommes pas soudés. Personne ne peut venir nous dicter ses lois ici au Mali. S’ils (dirigeants) réagissent avant le vendredi tant mieux. S’ils ne réagissent pas, j’invite tout le peuple malien de Kidira jusqu’à Kidal à sortir le vendredi. Sortir pour dire non au mensonge, non à la corruption, non à la soumission. On n’est pas un peuple soumis, il ne faut pas accepter la résignation. Je ne me soucie pas de ce qui va m’arriver à moi, non je n’en fais pas un souci. L’essentiel, c’est que la vérité triomphe. »

S’aventurant sur un tel terrain, l’Imam Dicko se met au-dessus de toute la nation alors qu’il ne dirige aucune institution constitutionnelle et non constitutionnelle de la République. Oui ! Il peut êtretoujours populaire, mais cela ne lui donne pas le droit d’appeler à la violence.

Une première audition empêchée

Le 3 mars 2020 dans l’après midi, l’ancien président du Haut conseil islamique a été convoqué par le tribunal de la Commune V du district de Bamako pour être auditionné. Mais, cette procédure a été empêchée par des milliers de partisans à l’Imam. Face à cette pression, le tribunal a finalement reporté  son audition.

Ousmane BALLO

Source : Ziré