Malgré la 4e session du CSA de haut niveau tenue le 19 janvier 2020 à Bamako pour mettre de l’ordre dans le processus de mise en œuvre de l’Accord pour la Paix, la plateforme des mouvements armés a boycotté la 38èmesession dudit Comité pour le Suivi de l’Accord qui a eu lieu le 27 février 2020 sur la Colline de Badalabougou à Bamako.

Après six mois de suspension, les travaux du Comité pour le Suivi de l’Accord (CSA) ont repris le 27 février 2020 sur la Colline de Badalabougou à Bamako. C’était sous la présidence du nouveau président du CSA, Boualem Chebihi, non moins Ambassadeur de l’Algérie au Mali qui avait à ses côtés le ministre de la Cohésion sociale, de la Paix et de la Réconciliation nationale, Lassine Bouaré, et son homologue en charge de l’Administration, Boubacar Alpha Bah. 

Cette rencontre qui arrive au lendemain de la 4e session du CSA de haut niveau tenue le 19 janvier 2020 à Bamako, se voulait celle d’un retour à la normalité depuis la tenue de la dernière session en août 2019. Cette rencontre était consacrée au suivi des conclusions de la 4e session du CSA de haut niveau tenue le 19 janvier 2020 à Bamako. Au cours de la rencontre, les participants se sont penchés sur les questions relatives à la mise en œuvre des recommandations et des résolutions du Dialogue National Inclusif (DNI) dans son esprit d’inclusivité. Il a été également question du déploiement des premières unités de l’Armée nationale reconstituée ; du lancement du Fonds de développement durable (FDD) ; de l’amélioration et du renforcement de la coordination et de la concertation inter-malienne sur la mise en œuvre de l’Accord, sans oublier la participation des femmes dans la mise en œuvre de l’Accord.

Mais, les querelles intestines au sein des mouvements signataires sont venues une fois de plus plomber ces retrouvailles entre les acteurs de la paix. Si hier, c’étaient les exigences de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) qui avaient été à l’origine de la suspension de ces rencontres indispensables pour la bonne mise en œuvre l’Accord, ce 27 février 2020, c’est la Plateforme qui a fait parler d’elle. A l’ouverture des travaux, la branche fidèle au secrétaire général du GATIA, Fahad Ag Almahmoud, a quitté la salle pour protester contre la présence de Me Harouna Toureh et ses partisans.

Il faut rappeler que depuis un certain temps, chacune des trois composantes de la Plateforme des mouvements armés est traversée par une crise aiguë.D’abord, le Mouvement arabe de l’Azawad (MAA) est secoué par une guerre de leadership opposant certains de ses membres. 

Quant au Groupe Armé Touareg Imghad et alliés (GATIA), il est également traversé par un vent de contestation contre certains de ses responsables. Autre mouvement de la Plateforme en crise, c’est la CMFPRdes sédentaires qui s’est subdivisée en plusieurs tendances.

Compte tenu du fait que cette Plateforme est incontournable dans la mise en œuvre de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation, le Gouvernement a proposé au cours de cette présence session que les deux tendances soient représentées de manière équitable au sein des instances de mise en œuvre de l’Accord. Une proposition que le Médiateur algérien est chargé d’expliquer et de faire accepter aux deux protagonistes pour éviter un nouveau blocage du processus.

A.O

Source : Ziré