Le régime IBK a jusqu’à vendredi  6 mars prochain  pour trouver  une solution  urgente aux maux qui  minent le pays. Faute de quoi  le peuple malien  prendra son destin en main. C’est là, l’ultimatum lancé au pouvoir  en place, par l’imam Mahmoud Dicko, lors d’un meeting, le samedi dernier au Palais de la culture. Occasion pour le leader religieux  de dénoncer la gestion de Ibrahim Boubacar Keita. Une gestion minée par la corruption, la délinquance financière, le népotisme… Pour le leader religieux, il est  temps de dire : Non à la corruption !  Non à la soumission ! Non au mensonge !

En effet, l’ancien président du Haut conseil islamique, l’imam Dicko, n’entend plus se laisser faire et invite les patriotes, l’ensemble des filles et fils de la Nation à cesser les clivages et les divergences  pour sauver le pays en proie à une gestion calamiteuse des affaires.

« La prochaine sortie sera pour dire Non à la situation que le Mali vit aujourd’hui. Ça ne peut pas continuer ! Comment peut-on continuer à vivre comme ça ? Voulez-vous qu’on se résigne ? Nous pouvons résister.  Je lance un message à tous. Je demande à tout le peuple malien de se mobiliser. Et surtout d’oublier ces petites querelles qui nous déchirent et de se mettre ensemble pour sauver l’essentiel. Aujourd’hui, il ne s’agit pas de sauver la tête d’un homme ou d’un régime, il s’agit surtout de sauver la patrie », a déclaré l’imam Mahmoud Dicko.

 Mise en garde…

En outre, l’imam Dicko  a évoqué  plusieurs sujets d’actualité dont,  entre autres, la grève des enseignants, la crise sécuritaire et la  réduction du train de vie de l’Etat… Moment fort de son intervention, c’est l’adresse aux deux leaders djihadistes : Iyad et Kouffa.

S’agissant   de la crise  sécuritaire, l’imam Dicko lancé un appel  à Iyad Ag Ghali  et Amadou Kouffa pour  qu’ils observent une trêve afin de trouver une  solution  à la crise : « Trop de sang a été versé. Trop de morts, trop de déplacés. Le Mali a assez souffert comme ça. Du haut de cette tribune, je lance un appel à Iyad Ag Ghali et Amadou Kouffa. Ils prétendent se battre au nom du prophète. Si cela est vrai, je leur dis d’arrêter !», a déclaré l’imam Mahmoud Dicko. « Le prophète nous enseigne ceci: si jamais vous vous battez contre quelqu’un même si c’est un mécréant s’il accepte de faire la paix, épargnez le et acceptez la paix. Or, nous, nous ne sommes pas des mécréants», a martelé l’imam.

Avant de poursuivre d’un ton véhément : «ils ne sont pas plus musulmans que nous. Nous avons choisi l’islam librement. Personne ne peut nous l’imposer. Et nous ne voulons pas une religion imposée.».

Le président de la CMAS : «Aujourd’hui que le Mali est d’accord pour discuter. Il faut accepter de déposer les armes et rejoindre la table du dialogue», a-t-il lancé. Cependant, l’imam Dicko appelle les Maliens à une mobilisation générale de Kayes à Kidal pour s’ériger contre l’oppression terroriste.

«Nous n’allons pas croiser les bras et laisser des gens bafouiller notre dignité, notre religion. J’en appelle au sens de patriotisme de tous et toutes, si nous n’avons pas de suite à cette requête nous allons organiser la résistance», a-t-il prévenu.

«Ils nous effraient avec la mort. Non, nous n’avons pas peur de mourir. Nous sommes un peuple résilient. Une nation de guerriers», a-t-il déclaré sous les ovations des fidèles.

Dans son intervention, il a évoqué l’épineuse question de la crise scolaire. Ainsi, il demandé aux enseignants grévistes à reprendre les cours, tout en promettant que le peuple trouvera une solution à la crise scolaire : «  Je demande aux syndicats d’enseignants de permettre à nos enfants de rentrer en classe », a-t-il affirmé. Mahmoud Dicko reconnait le bien-fondé de la grève qui paralyse les écoles maliennes : « La revendication des syndicats des enseignants est légitime. C’est la loi qui leur octroie ce qu’ils revendiquent.  On ne va pas supplier le gouvernement d’appliquer cela, c’est un dû. ça ne se négocie pas ! », a-t-il martelé.

La reprise des cours demandée est non seulement un « cri de cœur » personnel de l’ancien président du Haut conseil islamique du Mali mais aussi une requête qu’il formule « au nom de tous les Maliens ».  A l’adresse des enseignants, la promesse est ferme : « Le peuple souverain du Mali va se porter garant pour que vous ayez vos droits »…  « Ce problème-là, on aura la solution Inch’Allah! ».

L’imam affirme s’être suffisamment informé sur la situation avant ce jour. Il estime que l’incidence financière que gouvernement argue ne pas pouvoir soutenir n’est pas un argument valable. « Ce nombre de milliards (coût des revendications), les enseignants n’y ont-ils pas droit ? », s’interroge-t-il.

Pour pallier au problème de ressources financières, l’Imam « propose qu’on supprime les institutions qui ne servent à rien. Il y en a plusieurs qui n’ont aucun effet, qui n’a rien apporté pour l’amélioration de la gouvernance».

Il mentionne, entre autres, le Conseil économique, social et culturel, le Haut conseil des collectivités territoriales, le Médiateur de la république, le Bureau du vérificateur général et la Haute cour de justice. « Il faut les supprimer! », suggère-t-il et propose en outre de diviser le budget de l’Assemblée nationale et de la Présidence.  « Il faut diviser les budgets de ces institutions par trois », a déclaré l’imam Dicko.

Mahmoud Dicko conseille au gouvernement de reprendre les budgets alloués à ces institutions pour les repartir à la défense, à la santé et à l’éducation.

Avant d’appeler les Maliens à une manifestation (Bamako et à l’intérieur) le vendredi 6 mars 2020 et dont le lieu et l’heure seront communiqués dans les jours à venir.

Mémé Sanogo

Source: L’Aube