Jusqu’ici, la menace djihadiste était concentrée dans la localité de Mopti, la région du Centre la plus touchée par l’extrémisme violent depuis plus d’une demi-décennie. Aujourd’hui, la terreur se déplace progressivement vers la zone de Ségou, une nouvelle cible géographique de plus en plus privilégiée par les groupes terroristes. Fort malheureusement, les efforts de sécurisation du gouvernement régional, restent encore très peu visibles face à une menace qui pourrait très rapidement embraser toutes les localités de la région. Ségou est sérieusement en danger.

L’attaque de Sokolo, le 26 Janvier dernier, à une Centaine de kilomètres de la ville de Ségou, où, environ, une trentaine de gendarmes ont péri, aura été la goutte qui aura fait déborder le vase. Désormais, ce sont les nuits blanches à Ségou. Une vive psychose s’est systématiquement emparée de la population locale et l’on s’attend, à tout moment, à une frappe jihadiste dans les environs où même en plein cœur de la ville. Interrogées, certaines franges de la population affirment clairement n’avoir constaté le moindre renforcement des mesures sécuritaires anticipatoires pour rassurer l’opinion.

Les autorités politiques et administratives donnent plutôt l’impression comme si tout allait à merveille. L’on constate très peu de communication autour de la menace jihadiste à l’échelle gouvernementale. Presqu’aucune mesure n’a jusqu’ici été initiée par les autorités locales à l’adresse de différentes communautés, notamment, en ce qui concerne les campagnes de sensibilisation contre l’endoctrinement islamiste des jeunes gens ainsi qu’autres franges désœuvrées de la population, lesquelles pourraient facilement être des terreaux fertiles pour grossir les rangs des groupes terroristes.

Et, ce qui est encore plus révoltant, c’est que plusieurs lanceurs d’alerte parmi les populations locales, aussi bien que des organes de média, avaient, à maintes reprises, attiré l’attention des autorités régionales sur la présence d’éléments terroristes qui commençaient à s’incruster dans certaines localités de la région. Mais rien n’avait été fait pour démanteler ces bases islamistes naissantes et qui pourraient très vite étendre leur influence idéologique et militaire. Toutes ces alertes et autres pressions civiles n’ont aucunement permis aux décideurs locaux de sortir de leur incurie et prendre le taureau par les cornes jusqu’à ce que les jihadistes soient dorénavant aux portes de Ségou.

Et, aujourd’hui, la crainte majeure, n’est autre que le risque réel d’une « moptisation » de la région si les autorités régionales et nationales persévèrent dans leur inaction. Déjà, avec l’enlèvement du Préfet de Fakola à quelques kilomètres de la ville de Ségou, il y a environ deux mois, c’est, nous semble-t-il, un moyen de communication pour les groupes jihadistes, de signaler leur présence dans les environs.

La Rédaction

Source: Le Point