Considéré comme l'épicentre de la crise sécuritaire que vit le Mali depuis un certain temps, le Macina, situé en plein centre du Mali, connaît aujourd'hui des heures sombres de son histoire tout comme le reste du pays. Une crise impactant sérieusement le vivre ensemble et la cohésion sociale. Pour pallier à ce problème, l'Association Malienne des Droits de  l'Homme (AMDH), en collaboration avec Open Society Initiative For West Africa (OSIWA) et l'Association des Ressortissants et Sympathisants de Macina (ARSYDEM), a organisé ce 17 février 2020, à la maison des aînés, une table ronde autour de la Réconciliation et de la Cohésion Sociale dans ladite localité. 

En tout, plus de trente (30) personnes ont pris part à cette table ronde dont la cérémonie d'ouverture a été présidée par le ministre de la Cohésion Sociale, Lassine Bouaré. Une rencontre dont le but est de proposer et d'adopter des stratégies efficaces en vue de recoudre le tissus social presque déchiré dans la zone de Macina.

Dans son allocution, le président de l'Association Malienne des Droits l'Homme, Me Moctar Mariko, estime que le Mali est confronté depuis janvier 2012 à une crise sans précèdent. Une double crise institutionnelle et sécuritaire manifestée d'une part, par le coup d'état du 22 mars 2012 à quelques encablures des élections et d'autre part, par l'occupation des villes du nord par les groupes armés (MLNA, AQMI, An çardine, MUJAO...) en fin mars 2012.

La même crise qui, selon le patron de l'AMDH, a engendré des violences graves aux droits de l'homme au Mali et dans le centre, plus particulièrement. «Cette crise s'est étendue au centre depuis 2015, principalement dans la région de Mopti et une partie de la région de Ségou. Le centre est devenu le théâtre de plusieurs violations graves des droits de l'Homme et des conflits intercommunautaires. Cette partie était déjà confrontée à des conflits entre communautés pour des raisons liées le plus souvent à la terre, à l'eau, etc. »,a précisé  Me Mariko. 

Toutefois, le président de l’AMDH a ensuite mis l'accent sur les souffrances vécues par les habitants de la zone de Macina. C’est la raison pour laquelle, avance-t-il, pour mieux contribuer à la résolution de ces problèmes, l'Association Malienne des Droits de l'Homme (AMDH) et Open Society Initiative for West Africa (OSIWA) avaient initié un projet dénommé ‘’Contribuer à l'instauration de la cohésion sociale et à la réconciliation nationale au Mali’’ qui a permis de réaliser plusieurs actions ayant enregistré des résultats encourageants.

« Dans cette perspective, l'AMDH a entamé des échanges avec les acteurs clés de Macina, étatiques ou non étatiques, tant à Bamako qu'à Ségou et Macina même, en vue d'identifier d'autres acteurs et de peaufiner la cartographie des parties prenantes avant de débuter le dialogue. Aussi, après des discussions avec certains acteurs non étatiques, l'AMDH a réalisé une mission d'informations et d'échanges à Ségou du 21 au 23 février 2019. Elle a, en effet, amorcé le dialogue en regroupant les représentants des principales communautés de Macina à savoir les éleveurs, chasseurs et pêcheurs »,a-t-il ajouté.

Le ministre de la Cohésion Sociale, Lassine Bouaré, tout comme le président de l'ARSYDEM, Moussa Katilé, ont mis l'accent sur la nécessité d'agir rapidement afin de trouver des voies et moyens pour le retour de la stabilité sociale et surtout pour restaurer le vivre ensemble entre les communautés de la zone. 

Amadou Kodio/Afrikinfos-Mali