C’est le 10 février 2020 que l’armée nationale reconstituée a quitté Gao pour Kidal. Ainsi, après plusieurs tractations, ils sont près de 400 combattants à prendre positon dans cette région toujours sous contrôle des ex-rebelles unis au sein de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA).

Le premier avantage, c’est que désormais il y a l’espoir d’un retour progressif de l’administration avec certainement un arrêt ou cessation d’attaques terroristes. Dans la mesure où cette armée reconstituée est majoritairement composée des ressortissants des régions du nord, conformément à l’Accord pour la Paix et la Réconciliation qui accorde  80% aux groupes signataires ainsi que des postes de commandement de cette nouvelle armée. Mais, ces ex-rebelles pourront-ils encore bénéficier de la confiance des groupes armés terroristes avec qui ils ont toujours traité des affaires sombres dans le Liptako Gourma ? Pour l’heure, il est difficile de le confirmer. D’autant plus que ces groupes terroristes ne veulent rien de l’Etat.

Ce qui est certain, les éléments de la CMA pourront aider l’Armée malienne et la force Barkhane à localiser les positions de ces jihadistes afin de les neutraliser. Cette option n’est possible que lorsque ces éléments des groupes signataires demeurent fidèles à leurs engagements pris dans le cadre de la mise en place de cette armée reconstituée.

Le deuxième avantage du déploiement de cette armée nationale reconstituée à Kidal c'est qu'elle pourra permettre de garantir la tenue des scrutins législatifs de manière apaisée dans les localités où les unités seront fixées. C’est dire que la réussite de cette opération nous permettra de faire un grand pas dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation.

Certes, aucune partie n’est pour l’heure contre ce processus, mais pour autant, nous devons être prudents. Même si le porte-parole de la CMA, Mohamed Ould Mahmoud, a confié la semaine dernière à nos confrères du ‘’Studio Tamani’’ :« Kidal a toujours été prête à recevoir l’armée reconstituée. Ça n’a jamais posé de problème. C’est prévu par l’Accord. C’est des choses consensuelles sur lesquelles les parties se sont entendues », nous devons toujours rester vigilants.

Pendant plus de cinq ans la région de Kidal est restée à la merci de personnes qui se sont toujours montrées hostiles aux décisions politiques prises par les autorités nationales. Durant toutes ces années en l’absence de l’Etat, ces ex-rebelles ont su se faire des alliés dans le domaine de trafics d’armes, de drogues et d’autres activités illégales.

C’est pourquoi, il faut craindre le pire. C’est-à-dire : la confiscation des armes de l’Etat mis à la disposition de cette armée nationale reconstituée pour s’en servir. La seule solution qui vaille, sera de mettre en place un dispositif sécuritaire et de surveillance ; s’il existe déjà, il vaudrait alors le renforcer de manière à contrôler les mouvements de l’ensemble des unités de cette nouvelle armée. Cela pourra continuer jusqu’à la stabilisation totale de la zone. C’est le seul moyen pour briser les éventuels contacts et liens déjà établis entre les groupes signataires et les terroristes partout dans le nord.

Ousmane BALLO

Source : Ziré