Le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, a signé le 30 janvier 2020, un décret instituant une opération militaire au centre et au nord du pays appelée ‘’Maliko’’, dont l’objectif est de garantir le retour des services de l'Etat dans les localités sous le contrôle des groupes armées terroristes.

« Nous vaincrons, Inch Allah ! Le terrorisme ne passera pas au Mali. Nous aurons le dessus et notre peuple reprendra sa marche historique », déclarait le chef suprême des Armées lors du défilé militaire du 20 janvier 2020 à Kati. L’institution de l’opération ‘’Maliko’’ marque-t-elle cette volonté politique ? Pour l’heure, nous osons répondre par l'affirmative. D’autant plus que cela a coïncidé avec l’attaque meurtrière contre le poste avancé des gendarmes à Sokolo qui a fait une vingtaine de morts. La décision intervient aussi au moment où les Emirats Arabes Unis ont décidé d’offrir des blindés de type Cougars à notre pays, dont un premier lot de quinze véhicules sur un parc attendu de trente est déjà réceptionné par l’Armée.

Même si pour l’instant, le nombre de militaires pouvant mener cette opération reste  inconnu, son rôle sera de recouvrer l'intégralité des régions de Gao, Kidal, Tombouctou, Taoudénit, Ménaka, Mopti et Ségou. Pour gagner ce pari, le gouvernement entend s’appuyer sur l’action des forces armées et de sécurité soutenues et accompagnées par une administration publique disponible et performante, afin de répondre aux aspirations légitimes du peuple malien.

Ainsi, ladite opération qui abroge celle “Dambé” instituée le 8 mars 2019, comprend deux théâtres d’opérations. Il s’agit du théâtre Est qui couvre les régions de Gao, Ménaka et Kidal et du théâtre centre qui couvre les régions de Ségou, Mopti, Tombouctou et Taoudénit avec son PCIAT à Sévaré. Le commandement de cette opération est confié au chef d'Etat-major général des Armées.

Selon le décret de l’institution de Maliko,  le commandement instauré à cet effet, reçoit les moyens nécessaires pour la conduite de l'Opération et est chargé de fixer les dispositions complémentaires permettant l'application correcte du présent décret. « Il propose les moyens supplémentaires qu'il estime indispensables à l'atteinte des objectifs assignés. Les forces engagées sur les théâtres sont commandées respectivement par des officiers généraux ou supérieurs qui prennent le titre de commandant du théâtre. Ils sont nommés par décret du président de la République sur proposition du chef d’état-major général des Armées. Ils sont secondés par des officiers généraux ou supérieurs appelés commandant en second du théâtre, qui les remplacent en cas d’absence, d’empêchement ou de vacance. Les commandants en second sont nommés dans les mêmes conditions que les commandants de théâtres »,précise le décret.

Aussi, il ressort du décret que les commandants de théâtres, en coordination avec les représentants de l'Etat, prennent toutes les mesures correspondant aux besoins de la défense et de la sécurité, y compris les restrictions de liberté de circulation, l’interdiction de certains moyens de déplacement, les limitations d'accès à certaines zones du théâtre ainsi que les actions de bouclages et de fouilles de tout ou partie des localités situées sur le Théâtre de l'Opération ‘’Maliko’’. « Par ailleurs, les Commandants des Zones de Défense sur les Théâtres relèvent de l'autorité des Commandants des Théâtres. Les Commandants de Zones commandent les secteurs au sein des Théâtres d'opérations dont ils relèvent », ajoute le décret

L’institution de cette nouvelle Opération intervient au moment où nos forces  armées et de sécurité continuent de subir les attaques meurtrières des groupes armés terroristes au nord comme au centre du pays.  Elle coïncide également avec l’annonce de retour de l’armée reconstituée à Kidal, même si cela tarde toujours à se concrétiser.

Ousmane BALLO /Afrikinfos-Mali